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En 1740, Guillaume Fortin n'est plus en poste. Ce sont cette fois 50 livres qui sont proposées en
          gages et 1, 2 et 3 sols pour les enfants selon ce qu'ils apprennent, des sommes étonnamment faibles qui
          supposent que le nouveau maître, dont le nom n'est pas connu, dispose d'autres revenus.
          Deux ans après, on propose à Jacques Croze la même somme que l'année précédente à condition que les
          enfants qui ne viendront qu'une demi-journée ne paieront que la moitié des droits.

                 Jean-Pierre Alphand, originaire de Valouise en Briançonnais, devient précepteur de la jeunesse en
          1747. Cette fois, la communauté a notablement augmenté sa participation, soit 150 livres pour l'année. Il
          est demandé aux enfants respectivement 2 sols 6 deniers, 5 sols et 7 sols et 6 deniers. Précepteur de la
          jeunesse  à  Bourdeaux  en  1745,  Jean-Pierre  Alphand  s'est  marié  dans  cette  ville  le  20  juin  1746  avec
          Angélique de Faucon, fille de noble Pierre de Faucon sieur de la Combe et de demoiselle Catherine de
          Saulx de Pont-de-Barret.

                 Bourdeaux  est  en  pays  de  tradition  protestante  et  c'est  l'occasion  de  rappeler  que,  depuis  la
          révocation de l'Édit de Nantes en 1685 jusqu'à l'Édit de Fontainebleau en 1787, les protestants n'ont pas
          d'existence légale ; tout postulant à la fonction de maître d'école doit donc être déclaré bon catholique.




















                             Acte de mariage de Jean-Pierre Alphand et Angélique de Faucon

                 Ce sont de très nombreux habitants de Vallouise et de sa vallée qui émigrent à cette époque en se
          proposant comme maîtres d'école et Jean-Pierre Alphand sera loin d'être le seul dans ce cas à Marsanne.
          Cette émigration des Briançonnais est liée au haut niveau d'instruction de l'ensemble de la population de
          cette  région,  l'une  des  plus  instruites  de  France  où,  dès  avant  la  Révolution,  la  grande  majorité  des
          hommes savait lire et écrire.

                 Son successeur à Marsanne est Félix Berger, né le 21 juin 1701 d'un père drapier à Puy-Saint-
          Martin, où lui-même décédera le 22 décembre 1757. Son « contrat » précise que « ... s'il n'est plus du goût
          de la communauté, il sera payé à proportion du temps qu'il aura fait. ». Peut-être cette clause a-t-elle été
          appliquée puisque, fin 1754, c'est un religieux qui assure l'enseignement pour la seconde fois depuis le
          début du siècle « ... jusqu'à ce qu'il s'en présente un autre ».

                 Il s'en présente un en la personne d'Étienne Boint qui enseigne en 1758, année où il est remplacé
          par Jean-Baptiste Lapierre, originaire de Vallouise lui aussi. Il ne reste qu'une année et son successeur
          Urbain Giraud est également natif de ce village. On lui offre 12 livres 10 sols par mois.


          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39                                                                                                                                             Page | 31
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