Page 932 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
P. 932
En 1740, Guillaume Fortin n'est plus en poste. Ce sont cette fois 50 livres qui sont proposées en
gages et 1, 2 et 3 sols pour les enfants selon ce qu'ils apprennent, des sommes étonnamment faibles qui
supposent que le nouveau maître, dont le nom n'est pas connu, dispose d'autres revenus.
Deux ans après, on propose à Jacques Croze la même somme que l'année précédente à condition que les
enfants qui ne viendront qu'une demi-journée ne paieront que la moitié des droits.
Jean-Pierre Alphand, originaire de Valouise en Briançonnais, devient précepteur de la jeunesse en
1747. Cette fois, la communauté a notablement augmenté sa participation, soit 150 livres pour l'année. Il
est demandé aux enfants respectivement 2 sols 6 deniers, 5 sols et 7 sols et 6 deniers. Précepteur de la
jeunesse à Bourdeaux en 1745, Jean-Pierre Alphand s'est marié dans cette ville le 20 juin 1746 avec
Angélique de Faucon, fille de noble Pierre de Faucon sieur de la Combe et de demoiselle Catherine de
Saulx de Pont-de-Barret.
Bourdeaux est en pays de tradition protestante et c'est l'occasion de rappeler que, depuis la
révocation de l'Édit de Nantes en 1685 jusqu'à l'Édit de Fontainebleau en 1787, les protestants n'ont pas
d'existence légale ; tout postulant à la fonction de maître d'école doit donc être déclaré bon catholique.
Acte de mariage de Jean-Pierre Alphand et Angélique de Faucon
Ce sont de très nombreux habitants de Vallouise et de sa vallée qui émigrent à cette époque en se
proposant comme maîtres d'école et Jean-Pierre Alphand sera loin d'être le seul dans ce cas à Marsanne.
Cette émigration des Briançonnais est liée au haut niveau d'instruction de l'ensemble de la population de
cette région, l'une des plus instruites de France où, dès avant la Révolution, la grande majorité des
hommes savait lire et écrire.
Son successeur à Marsanne est Félix Berger, né le 21 juin 1701 d'un père drapier à Puy-Saint-
Martin, où lui-même décédera le 22 décembre 1757. Son « contrat » précise que « ... s'il n'est plus du goût
de la communauté, il sera payé à proportion du temps qu'il aura fait. ». Peut-être cette clause a-t-elle été
appliquée puisque, fin 1754, c'est un religieux qui assure l'enseignement pour la seconde fois depuis le
début du siècle « ... jusqu'à ce qu'il s'en présente un autre ».
Il s'en présente un en la personne d'Étienne Boint qui enseigne en 1758, année où il est remplacé
par Jean-Baptiste Lapierre, originaire de Vallouise lui aussi. Il ne reste qu'une année et son successeur
Urbain Giraud est également natif de ce village. On lui offre 12 livres 10 sols par mois.
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39 Page | 31

