Page 931 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
P. 931

Il  est  suivi  deux  ans  plus  tard  par  Jean  Carrier  qui  a  promis  de  « bien  enseigner  aux  enfants
          pendant une année » aux gages de 147 livres. Gages qui s'avèrent, cette fois encore, insuffisants puisqu'en
          novembre 1727, il déclare « ne pouvoir subsister avec les gages donnés l'an dernier ». Compte tenu des
          « soins qu'il s'est donné pour l'éducation de la jeunesse », il lui est proposé 153 livres. Il est toujours en
          place en 1732, année où Pierre Eynard lui succède à raison de 6 livres par mois (!) plus la contribution des
          parents.

                 L'année 1733, l'état très précaire des finances de la communauté l'a contrainte à revenir au mode
          de rétribution du maître d'école en vigueur en 1675, c'est à dire une contribution des parents liée au savoir
          enseigné. Cette année là, le consul informe l'assemblée que « (…) pour le precepteur de la jeunesse, il en
          a  trouvé  un  capable  et  quil  s'offre  au  prix  (75  livres  par  an)  moyennant  ce  que  les  particuliers  lui
          donneront  ce  qui  est  beaucoup  plus  avantageux  pour  la  communauté  (...) »  et  prévoit  qu'ainsi,  leurs
          enfants en profiteront davantage. Il précise plus loin : « ... les enfants luy payeront, savoir pour ceux qui
          aprandront a lire, cinq sols par mois, dix sols pour ceux quy aprandront a escrire et quinze sols aussy
          par mois pour ceux quy aprandront a chiffrer (...) ». À cette époque, les enseignements de la lecture et de
                                                                                                            e
          l'écriture sont dissociés ; on apprend d'abord à lire, puis à écrire. À ce propos, jusqu'au milieu du XVII au
          moins,  la  confrérie  des  maîtres-écrivains,  voulant  se  réserver  l'enseignement  de  l'écriture,  attaquait  en
          justice les maîtres d'école de la ville de Paris qui pratiquaient cet enseignement.

                 Guillaume  Fortin,  qui  se  déclare  maître-écrivain  (sans  doute  est-il  écrivain  public),  est  nommé
          pour l'année 1735. La répartition entre les gages de la communauté et la contribution des parents a été
          revue  puisqu'on  lui  offre  cent  livres  de  gages  pour  l'année,  payables  « quartier  par  quartier » ;  la
          participation des élèves se monte respectivement à 3, 6 et 9 sols pour ceux qui apprendront à lire, écrire et
          chiffrer.  Il  lui  est  demandé  d'ouvrir  l'école  le  premier  octobre.  Guillaume  Fortin  occupe  également  la
          fonction  de  secrétaire,  ce  qui  lui  permet  de  faire  preuve  de  son  talent  de  calligraphe.  Le  paiement
          « quartier par quartier » incitait le maître à rester en poste jusqu'à la fin de son « contrat ».
























                    Extrait des délibérations du 6 novembre 1735 « calligraphié » par Guillaume Fortin



          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39                                                                                                                                             Page | 30
   926   927   928   929   930   931   932   933   934   935   936