Page 935 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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Aujourd'hui, la porte d'entrée qui donne sur la rue, s'ouvre sur une longue pièce voûtée divisée en
trois parties (les trois « appartements » du texte) séparées par deux murs percés chacun d'une porte. Le
premier, plus ancien, remonte peut-être à la construction de la maison, le second est celui qui a été
construit vers 1715. Ainsi, pendant la semaine, la plus grande salle était utilisée comme salle de classe et
le dimanche, jour où avaient lieu les assemblées communautaires, comme salle de délibération. L'une des
trois salles contenait les archives de la communauté. Les autres parties de la maison étaient louées.
L'état de la maison de ville qui sert de maison d'école reste préoccupant puisqu'en 1782, « ...le
couvert de la chambre où sont les papiers archivaires est totalement tombé et les voûtes de la dite
chambre menacent (...) une prochaine ruine ». En 1784, ce sont les « cadres et châssis des fenêtres qui
sont totalement détruits ». C'est cette même année que la commune envisage « d'enlever les tuiles,
poutres et planches du toit de l'église Saint-Claude pour être employés au toit de Saint-Félix ».
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Au cours du XVIII siècle, si l'on excepte les bancs et la table installés vers 1715, aucune somme
n'est consacrée à l'aménagement de la salle de classe ou de délibérations. Il faudra attendre 1832 pour que
le budget communal consacre 500 francs à l'installation de l'École Mutuelle. C'est cette même année que
l'administration communale s'installe dans une maison de la Côte.
3. Qu'elle est la place du clergé ?
Les édits royaux de 1606 précisent que c'est le curé qui choisit les maîtres et maîtresses des petites
villes et villages, mais l'édit de 1695 lui retire cette prérogative et ne laisse plus aux évêques que le droit
d'inspection et de révocation en cas de manquement à la doctrine ou au bonnes mœurs.
Si, chaque année, l'assemblée communautaire propose un candidat, c'est donc l’évêque de
Valence, à défaut le vicaire général, qui valide ce choix et peut également destituer le maître en place. Le
curé de Marsanne, Jacoz de Meyzin, coutumier des conflits avec la communauté, trouve là une nouvelle
occasion d'affirmer son autorité.
C'est ainsi qu'en août 1722, l'assemblée communautaire donne congé à Jean Sembla, précepteur de
la jeunesse. L'archiprêtre qui est venu à Marsanne à propos de cette affaire a entendu de quelques
habitants les raisons qui ont provoqué son congé, mais on n'en sait pas plus. Un autre maître d'école doit
venir incessamment sous réserve qu'il apporte les approbations nécessaires.
C'est alors que le curé présente une approbation du vicaire général de Valence pour reconduire
Jean Sembla pour l'année suivante et considère que la décision du conseil, prise sans le consulter, est un
« atentat qu'on a fait de son hotorite et pouvoir en l’empêchant dezécuter les ordres et tenir les écoles et
quil nignore pas les droits et pouvoir que les edits du roy atribue au seigneurs ... ».
C'est l'occasion, pour l'assemblée communautaire de rappeler que l'évêque « (…) a le droit de
destitution et d'institution des maitres decole postérieurement toutes fois a celluy des presentation que la
communauté ( ...) ». L'assemblée, pourtant dans son bon droit, joue l'apaisement en présentant à l’évêque
« (…) une requete pour quil luy plaise d'aprouver le sieur Jacques Roussel du lieu de la ville de
Montélimar maitre decole (...) pour devenir précepteur dans le present lieu auquel la communauté
payera les gages ordinaires quy est cent cinquante livres ».
4. Garçons ou filles ?
À aucun moment, dans les délibérations, il n'est précisé si la classe est mixte ou non ; on parle
d'« enfants » sans plus de précisions. Si, à cette époque, le clergé exige que garçons et filles soient
séparés, dans nombre d'écoles de village filles et garçons partagent la même salle de classe. Rien ne
permet de dire que c'est le cas à Marsanne au cours de ce siècle.
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39 Page | 34

