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La seule référence à un enseignement pour les jeunes filles est liée au legs testamentaire fait par
          Marie Brun, décédée le 9 décembre 1741 (voir l'acte de décès ci-après). Elle laisse, en effet, une somme
          de mille livres de capital dont les intérêts, soit cinquante livres par an, doivent servir « ... pour l'entretien
          d'une maîtresse d'école pour l'éducation des jeunes filles... ». Dans ce testament, elle parle d'éduquer et
          non d'enseigner, cette nuance est peut-être importante ; s'agit-il de pallier à l'absence d'une école pour les
          filles ou de compléter un enseignement limité à l'acquisition des savoirs de base ?

                 Ce legs donne lieu à une bataille de procédure entre la communauté et les héritiers, et trente-cinq
          ans plus tard, la communauté n'a toujours pas récupéré la somme qui lui est due.

          L'an  1741  et  le  dix  décembre  a  été  enterré  dans  le
          cimetière de Marsanne le corps de Marie Brun, fille
          d'environ  quatre  vingt  ans  décédée  hier  après  avoir
          reçu  tous  les  sacrements  et  munie  de  la
          recommandation de l'âme, après avoir donné par son
          dernier  testament  reçu  le  huit  décembre  prés(en)te
          année par Me Ramuz le fils, notaire royal demeurant
          dans cette paroisse de Marsanne, de quoi y prêcher le
          Carême  chaque  année  à  perpétuité  et  y  établir  une
          maîtresse d'école. Ont assisté à sa sépulture messire
          Jean  Thomas  vicaire  de  ce  lieu,  la  confrérie  des
          Pénitents  blancs  et  la  confrérie  du  Saint-Sacrement
          dont la défunte était la trésorière, et à elle a donné
          cent  francs  pour  faire  faire  une  messe  pour  elle  a
          perpétuité, soussignés et ont signé .
          Thomas, vic(aire) Jacoz de Meyzin, Curé

                 Le franc dont il est fait mention dans cet acte
          est sans doute le  « franc d'argent »  dont la première
          frappe  date  de  1575.  Sa  valeur  est  légèrement
          supérieure à la livre.

                 Ce  n'est  qu'à  partir  de  1792  que  le  « maître
          d'école », ou le « précepteur de la jeunesse », cède la place à l'« instituteur public communal » sans qu'un
          quelconque statut ne soit encore associé à cette fonction.


          Sources

          - Archives communales de Marsanne – Registres des délibérations communales (et numérisés aux AD)
          -  Archives  départementales  de  la  Drôme  –  Registres  paroissiaux  de  Marsanne  numérisés
          https://archives.ladrome.fr/page/archives-numerisees

          - Jean Vial, Les instituteurs douze siècles d'histoire, Éditions Jean-Pierre Delarge, 1980










          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39                                                                                                                                             Page | 35
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