Page 933 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
P. 933

L'année 1760 marque un nouveau tournant dans les critères de participation des parents. Il est, en
          effet, précisé que le précepteur Urbain Giraud, toujours en poste « ... sera obligé de faire payer les enfants
          tant  pas  mois  chacun  suivant  son  état  dans  cas  qu'il  ne  paye  pas  d’impôt ».  Pour  la  première  fois  le
          revenu  des  parents  est  pris  en  compte,  mais,  très  vite,  on  reviendra  à  la  répartition  précédente
          exclusivement liée au savoir enseigné. Jusqu'à la Révolution, si on excepte ce cas particulier, au cours du
               e
          XVIII siècle, il n'est jamais fait mention dans les délibérations des enfants de pauvres ou d'indigents.
          Urbain Giraud retournera par la suite à Vallouise où il décédera le 21 décembre 1796.

                 En  1765  c'est  un  maître  natif  de  la  ville  de  Selles  en  Franche-Comté.  Il  est  reconduit  jusqu'en
          1769. Jean Juge lui succède en 1770. Trois ans après, André Brun devient maître d'école aux gages de
          150  livres,  plus  ce  que  lui  payent  les  enfants.  Il  se  fixe  à  Marsanne  puisqu'il  sera  garde-bois  de  la
          communauté en 1776 avant d'être nommé valet de ville en 1779. On le retrouve de nouveau garde-bois en
          1785 alors qu'il cumule cette fonction avec celle de garde-champêtre.

                 Lui succèdent Étienne Montaignet qui reste en poste deux ans et, selon les années, Étienne Giraud
          et Jacques Martin tous deux natifs de Vallouise ou des environs. En novembre 1789, Jacques Martin a
          pour gages 80 livres pour 6 mois, à condition que les enfants seront « enseignés gratis et, s'il est prouvé
          qu'il prenne le moindre sol, il sera renvoyé ».

                 Cette  gratuité  n'aura  qu'un  temps  puisqu'au  cours  du  siècle  suivant  on  reviendra  aux  anciennes
          coutumes jusqu'en 1882 avec les lois Jules Ferry.

          2. La maison d'école

                 Jusqu'en 1713, on ne dispose pas d'informations permettant de situer l'emplacement de la salle de
          classe.  Cette  année-là,  Charles  Reynaud  a  été  retenu  pour  être  précepteur  de  la  jeunesse,  il  enseigne
          depuis  le  premier  décembre  « dans  la  maison  acquise  par  la  communauté  ou  il  y  a  beaucoup  de
          reparations a faire soit au couvert plancher portes et fenêtre... ». L'assemblée charge le consul de faire
          réaliser rapidement les réparations.

                 Cette maison a été achetée en 1712 à Henri Baud pour 150 livres, somme modeste en rapport sans
          doute avec l'état de la maison. Il est dit qu'elle est située sous la chapelle Saint-Claude, chapelle utilisée
          comme maison de ville jusqu'en 1711. C'est donc la maison de la poterie du Point du Jour dans laquelle
          s'installera cent vingt ans plus tard l'école Mutuelle.

                 Comme  souvent  à  cette  époque,  il  faut  du  temps  pour  que  les  décisions  deviennent  réalité  et,
          pendant plusieurs années, les maîtres feront la classe dans ces conditions pour le moins précaires.  En
          1715, est enfin établie la liste des réparations à faire aux églises, murailles et bâtiments publics : « ... il
          faut faire au-dessous des chambres de la maison de ville une muraille de separation a la grande voute et
          sur les murs fondements (…) il sera faites deux fenêtres de pierre de taille a landroit aussy qui luy sera
          indiqué qui auront de chacune huit pieds dhauteur et deux pieds de largeur, grepir la muraille qui est
          dans ledit membre du cotté des murs de ce lieu et boucher les trous qui y sont ; mettre ledit membre a
          plain pied de la basse cours et y faire un glacis  faire une porte (…) et de bois à la muraille de separation
          qui sera faite a la dite voute mettre un saul en pierre de taille et un cartier den bas a la porte (…) metre
          des console de bois de chaine dans la muraille pour y placer des planches qui serviront de siège pour les
          enfants qui iront à lecole... ».

                 En visitant les lieux trois siècles plus tard, on retrouve le mur qui coupe au tiers de sa longueur la
          salle voûtée orientée est ouest, la porte de séparation et les deux fenêtres, l'une donnant à l'ouest ouverte
          au-dessus des remparts, l'autre, transformée aujourd'hui en porte-fenêtre orientée au sud. Elles éclairent
          la partie la plus grande. C'est cette pièce assez vaste et bien éclairée qui servait donc de salle de classe.



          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39                                                                                                                                             Page | 32
   928   929   930   931   932   933   934   935   936   937   938