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L'année 1760 marque un nouveau tournant dans les critères de participation des parents. Il est, en
effet, précisé que le précepteur Urbain Giraud, toujours en poste « ... sera obligé de faire payer les enfants
tant pas mois chacun suivant son état dans cas qu'il ne paye pas d’impôt ». Pour la première fois le
revenu des parents est pris en compte, mais, très vite, on reviendra à la répartition précédente
exclusivement liée au savoir enseigné. Jusqu'à la Révolution, si on excepte ce cas particulier, au cours du
e
XVIII siècle, il n'est jamais fait mention dans les délibérations des enfants de pauvres ou d'indigents.
Urbain Giraud retournera par la suite à Vallouise où il décédera le 21 décembre 1796.
En 1765 c'est un maître natif de la ville de Selles en Franche-Comté. Il est reconduit jusqu'en
1769. Jean Juge lui succède en 1770. Trois ans après, André Brun devient maître d'école aux gages de
150 livres, plus ce que lui payent les enfants. Il se fixe à Marsanne puisqu'il sera garde-bois de la
communauté en 1776 avant d'être nommé valet de ville en 1779. On le retrouve de nouveau garde-bois en
1785 alors qu'il cumule cette fonction avec celle de garde-champêtre.
Lui succèdent Étienne Montaignet qui reste en poste deux ans et, selon les années, Étienne Giraud
et Jacques Martin tous deux natifs de Vallouise ou des environs. En novembre 1789, Jacques Martin a
pour gages 80 livres pour 6 mois, à condition que les enfants seront « enseignés gratis et, s'il est prouvé
qu'il prenne le moindre sol, il sera renvoyé ».
Cette gratuité n'aura qu'un temps puisqu'au cours du siècle suivant on reviendra aux anciennes
coutumes jusqu'en 1882 avec les lois Jules Ferry.
2. La maison d'école
Jusqu'en 1713, on ne dispose pas d'informations permettant de situer l'emplacement de la salle de
classe. Cette année-là, Charles Reynaud a été retenu pour être précepteur de la jeunesse, il enseigne
depuis le premier décembre « dans la maison acquise par la communauté ou il y a beaucoup de
reparations a faire soit au couvert plancher portes et fenêtre... ». L'assemblée charge le consul de faire
réaliser rapidement les réparations.
Cette maison a été achetée en 1712 à Henri Baud pour 150 livres, somme modeste en rapport sans
doute avec l'état de la maison. Il est dit qu'elle est située sous la chapelle Saint-Claude, chapelle utilisée
comme maison de ville jusqu'en 1711. C'est donc la maison de la poterie du Point du Jour dans laquelle
s'installera cent vingt ans plus tard l'école Mutuelle.
Comme souvent à cette époque, il faut du temps pour que les décisions deviennent réalité et,
pendant plusieurs années, les maîtres feront la classe dans ces conditions pour le moins précaires. En
1715, est enfin établie la liste des réparations à faire aux églises, murailles et bâtiments publics : « ... il
faut faire au-dessous des chambres de la maison de ville une muraille de separation a la grande voute et
sur les murs fondements (…) il sera faites deux fenêtres de pierre de taille a landroit aussy qui luy sera
indiqué qui auront de chacune huit pieds dhauteur et deux pieds de largeur, grepir la muraille qui est
dans ledit membre du cotté des murs de ce lieu et boucher les trous qui y sont ; mettre ledit membre a
plain pied de la basse cours et y faire un glacis faire une porte (…) et de bois à la muraille de separation
qui sera faite a la dite voute mettre un saul en pierre de taille et un cartier den bas a la porte (…) metre
des console de bois de chaine dans la muraille pour y placer des planches qui serviront de siège pour les
enfants qui iront à lecole... ».
En visitant les lieux trois siècles plus tard, on retrouve le mur qui coupe au tiers de sa longueur la
salle voûtée orientée est ouest, la porte de séparation et les deux fenêtres, l'une donnant à l'ouest ouverte
au-dessus des remparts, l'autre, transformée aujourd'hui en porte-fenêtre orientée au sud. Elles éclairent
la partie la plus grande. C'est cette pièce assez vaste et bien éclairée qui servait donc de salle de classe.
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39 Page | 32

