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LES TEMPS FEMISSANTS
L'actualité récente nous a rappelé que la terre ferme a parfois des mouvements d'humeur
surprenants et totalement imprévisibles. Produit du jeu désordonné d'un réseau de failles profondes, le
séisme est une crispation de surface d'importance variable, aux effets souvent tragiques à l'échelle
humaine.
La région du sud-est avec les Alpes et celle des Pyrénées, massifs jeunes toujours en mouvement,
sont les plus exposées. Dans la chronologie de Marius Villard qui prend aussi en compte la rive droite du
Rhône avec le Velay et le Vivarais, une longue histoire de caprices telluriques se déroule. Les témoins sont
rares et ils notent plutôt les inondations ou le gel, mais au XIVe siècle, en 1356 et 1377, l'un d'eux signale
des secousses dans le Graisivaudan.
Il faut ensuite attendre le XVIe siècle pour d'autres allusions à l'activité sismique dans la région.
Montélimar se distingue en 1548, puis en 1549 avec plusieurs secousses, apparemment sans conséquences
néfastes. En 1579, et surtout en 1581, Valence prend la
relève. D'autres épisodes plus importants affectent
l'ensemble du Midi en 1583 et 1584.
Nouveau siècle, nouvelles calamités ! En 1604,
la région de Viviers s'émeut, mais on déplore surtout
des meubles renversés et des vases brisés. Montélimar
s'agite en 1610, puis la région de Gap en 1612.
Dernière alerte en 1646 dans le Velay et le Vivarais,
sans victimes.
Le calme règne près d'un siècle, le temps d'un
battement de paupière de Poséidon qui s'agace à
nouveau à trois reprises, entre janvier et février de
1740, à Annonay. Beaucoup plus loin, c'est Nice qui Clansayes - ruines vers 1910
souffre de trois secousses "accompagnées d'un bruit
épouvantable" en 1752. Crussol se trouve ébouriffé en 1768 avec une sorte de tornade qui fait voler les
ardoises des toits. Mais c'est tout le Royans et Romans qui voient trembler leurs murs et carillonner les
batteries de cuisine le 13 avril 1769.
Plus grave, le tremblement qui ébranle la vallée du Rhône, le Dauphiné et le Vivarais entre le 8 juin
1772 et décembre 1773. Rive gauche, ce sont Montélimar, Solérieux, Saint-Restitut, St-Paul-Trois-
Châteaux qui sont atteints. Rive droite, c'est la région de Viviers.
Mais, c'est à Clansayes, sur le plateau à l'arrière de St-Paul, que
se trouve l'épicentre. Exceptionnellement prolongé, le phénomène a pu
être scrupuleusement suivi par l'envoyé du roi Louis XV, le savant
géologue montilien Barthélemy Faujas de St Fond.
Pendant plus d'un an, les secousses de moyenne à forte intensité
se répètent par intervalle, accompagnées ou suivies de grondements
tantôt sonores, tantôt sourds. Observées dans un rayon de 20 km autour
du village, elles fragilisent et endommagent peu à peu les remparts,
puis l'église et les habitations. Le site restera inoccupé pendant
plusieurs années.
D'autres épisodes frappent plutôt les Hautes-Alpes (Briançon,
Embrun, Montdauphin), Grenoble et le Graisivaudan entre 1775 et
1785. Dans la Drôme, ce sont Aulan, en 1774, et Tulette, en 1790 qui
ressentent deux brèves secousses. Clansayes - Tour vers 1910
Quelques événements ponctuent le XIXe siècle, en particulier en 1873,pendant les mois de juillet
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