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Bien d'autres observations ont été réalisées au cours du siècle, mais surtout au télescope, les objets
          célestes ne s'approchant pas suffisamment de la Terre pour être visibles à l'oeil nu, à part la fidèle comète
          de Halley en 1753.
                 Si toutes ces manifestations, souvent impressionnantes et inquiétantes pour le commun des mortels,
          sont parfaitement inoffensives, il n'en va pas de même pour l'épais brouillard qui va envahir le  ciel de
          l'Europe à la fin du mois de mai de 1783. Persistant pendant tout le mois de juin, jusqu'à la mi-juillet, il est
          largement commenté par les témoins.

                 Aux Tourettes, le curé note dans le registre de baptêmes : "[...] le peuple était effrayé, croyant que
          cela annonçait quelque malheur ; les personnes instruites ne savaient à quoi attribuer ce phénomène [...].
          Cette fumée était si épaisse que l'on ne voyait pas à cent pas devant soi [...]".

                 Le valentinois Michel Forest écrit dans son journal : "Brouillard, fumée ou poussière était répandu
          sur toute la surface de la terre [...]. On resta plus d'un mois sans découvrir la montagne du matin, ni celle
          de Crussol. On ne voyait pas à deux cents pas devant soi, et l'orage et les grands vents qui furent fréquents
          ne purent jamais dissiper ce brouillard, que le soleil ne perçait que faiblement."
                 A Salon-de-Provence, le chevalier de Lamanon, correspondant de l'Académie des Sciences, n'hésite
          pas à parcourir la région pour étudier le phénomène et en rendre compte :"[...] Presque tous ceux qui ont
          parlé du brouillard ont dit qu'il était bas. Cependant je l'ai vu au-dessus de moi, étant sur le mont Ventoux
          [...] La partie la plus basse du brouillard était la plus épaisse et la plus sèche; je m'en suis assuré en allant
          des bords de la mer jusqu'au sommet des plus hautes montagnes."

                 Nombre  d'hypothèses  sont  émises.  Dès  le  7  août  1783,  le  naturaliste  Jean-Antoine  Mourgue  de
          Montredon  émet  l'idée  qu'il  y  a  un  lien  avec  l'éruption  toute  récente  du  volcan  Laki,  en  Islande,  déjà
          connue de la communauté scientifique. Mais sa communication à l'Académie royale de Montpellier reste
          sans  effet.  Il  faut  attendre  le  XXe  siècle  pour  que  la  volcanologie  s'émancipe  et  que  les  progrès  de
          l'instrumentation démontrent le lien entre le brouillard de 1783 et l'éruption en Islande du volcan Laki.
                 Le  panache  sulfureux  émis  perturbera  profondément  le  climat  du  nord  de  l'Europe  pendant
          plusieurs années.
                                              ET SOUDAIN L'AURORE...

                 Dans cet éventail météorologique à travers les âges déployé par Marius Villard et ses "honorables
          correspondants", il restait une surprise à découvrir : la liste fournie d'apparitions d'aurores boréales sous
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          nos cieux méridionaux entre le 15  et le 18  siècles.
                 En 1465, c'est à Paris que se manifeste le phénomène. Pour le sud-est, c'est en 1580 qu'Eustache
          Piedmont note pour la nuit du 10 septembre, à Valence, "des feux forts grands en l'air, près et alentour de
          la  ville,  tant  du  costé  du  levant  que  du  couchant  (...)."  Même  chose  le  6  mars  1682  à  Valence  et  St-
          Antoine-L'abbaye,  avec  "des  feux  épouvantables  dans
          l'air".
                 En  1587,  le  18  juillet,  une  grande  rougeur  la  nuit
          ôtait  même  la  clarté  de  la  lune.  En  revanche,  en  1591,
          l'apparition  dure  trois  jours  du  10  au  12  septembre  et  se
          déploie, sous les yeux admiratifs d'Eustache : "[...] du costé
          du  Levant,  sur  les  montagnes  dessus  Grenoble,  fust  veue
          grande lueur et rougeur au ciel en plusieurs rayons, chose
          admirable et fort espouvantable."
                 On  change  de  siècle  et,  en  1603,  à  nouveau  à  St-
          Antoine avec E. Piedmont, et sans doute aussi à Valence, le         Gravure d'aurore boréale, 1880
          6 septembre : "fust veue de nuit un signe au ciel, comme feu            AKG, coll. Jouffroy
          ou  réverbération  du  costé  bise,  épouvantable;  au  milieu
          d'une  grande  clairté  et entre  les  deux  feux  apparoissoit  en  l'air  comme  des  lances  blanches  et  rouges,
          chose admirable".

          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°36                                                                                                                                              Page | 37
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