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entre 1650 et 1700. En 1709, ce chiffre bondit à 51 décès, puis à 64 en 1710. En 1711, on revient à 21
décès et, signe encourageant, 50 baptêmes. Triste record. Les victimes sont surtout des enfants ou des
vieillards. Le curé Penail n'a pas laissé de remarque sur le registre, au contraire de certains de ses confrères
qui ont rapporté brièvement les événements, témoignages précieux.
L'épisode de froid extrême se répéte en 1765-66, et surtout à l'hiver de 1788-89, encore plus
rigoureux avec un gel continu de 86 jours. Comme les fois précédentes, la végétation fragile (vignes,
oliviers, etc.) ne résiste pas. Les rivières gelées bloquent les moulins pendant plus d'un mois dans la région
de Montélimar. La pénurie de farine à fait rapidement monter les prix, pénalisant les plus pauvres et
perturbant les circuits habituels de distribution.
Passons au XIXe siècle, les rigueurs du PAG commencent à s'atténuer, mais on se souvient de 1812
et de la retraite de Russie. Et puis, c'est l'hiver 1829-30 qui renoue avec les dates remarquables du siècle
er
précédent. Débutée le 1 novembre, la vague de froid intense gèle le Rhône (on traverse à pied à Valence),
fait resurgir les loups des forêts, et décime une fois de plus les oliviers.
Il y aura d'autres séquences de grande rigueur hivernale avant la fin du siècle, mais elles toucheront
surtout la moitié nord du pays. Enfin, après les années 1860, finie la petite glaciation, bonjour le XXe
siècle !
Lui aussi va connaître des années de glace : les poilus dans les tranchées à Noël 1916 ont inauguré
la triste litanie. A Marsanne et dans le Midi on se souvient, entre autres, de l'hiver de 1941, puis de celui de
1942 qui a duré jusqu'en mars. On n'oublie pas non plus 1954 et le drame des sans-abris, mais l'épisode
comparable à 1709 reste celui de février 1956 qui a frappé par son intensité et sa brièveté.
Jean Giono en a été témoin à Manosque : "Après le rude hiver de 1956, on vit apparaître le
squelette des oliviers. Jusque-là ils avaient été grecs de la belle époque ; brusquement, ils s'étaient
dépaysés, ils avaient voyagé dans le temps et dans l'espace jusqu'à la brutalité et la sauvagerie des totems
; ils couvraient désormais les collines de diagrammes rituels." (Provence)
Six ans plus tard, c'est la vague de 1962 avec trois mois de gel continu et une pénurie de
combustible en ville. Encore dix ans, et à Marsanne on déblaie les congères de 1971, mais les oliviers et
les amandiers sont toujours debout !
LES TEMPS DILUVIENS
Très bien d'avoir évoqué les grands froids d'un millénaire, mais on ne peut passer sous silence les
autres sources régulières de catastrophes que sont les inondations dues à des pluies diluviennes ou aux
crues du dégel. La chronologie de Marius Villard nous sert une nouvelle fois de guide.
Dans la région, le Rhône et l'Isère rivalisent d'imagination pour ravager leurs rives, suivis de plus
loin par la Drôme, l'Ouvèze et de tout modestes cours d'eau comme le Jabron ou le Roubion. A tout
seigneur tout honneur, le Rhône emporte une bonne dizaine de fois le pont de la Guillotière, sa cible
favorite à Lyon, entre 1407 et 1578. De son côté, l'Isère se charge d'inonder généreusement Grenoble et
d'ébranler le pont de Romans ou de l'écrouler, au besoin, comme en 1651.
Pour rester dans le voisinage, la ville basse de Valence subit régulièrement l'assaut des flots. A
Montélimar, souci supplémentaire, les impromptus du Jabron et du Roubion réunis ! La rive du fleuve et
les quartiers d'Aygu et du Fust font couramment la une à partir de 1543.
En 1627,"[...] le Roubion emporte une partie des remparts et des fortifications [...]". En 1629,
poursuivant le travail, une inondation majeure "[...] emporta vingt à trente toises (presque 60 m ) des murs
entre les portes d'Aigu et de Fust, submergea les huttes des pestiférés [...]" (Bull Archéol. 1887, p 192). En
1651, aidé par l'Isère, le Rhône détruit le château d'Ancône et déborde généreusement sur Montélimar.
A Marsanne, c'est en 1660 que le Roubion vient envahir les terres en même temps qu'à Cléon
d'Andran, à Sauzet et St-Marcel, pendant que le Jabron collabore à Châteauneuf-de-Mazenc.
Patiemment, à Montélimar, on reconstruit les murs qui sont à nouveau mis à l'épreuve en juin 1673
avec une attaque déloyale du Roubion qui inonde St-Gervais et Sauzet. Heureusement les portes de la ville
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