Page 807 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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Le  XVIIe  siècle  se  distingue  par  les  terribles  cinquante  jours  de  gel  de  1608.  Villard  cite  des
          passages d'un témoin du temps, l'historien Eudes de Mézeray, décrivant les affres de ce que l'époque a
          appelé "l'Année du Grand Hyver". Affectant toute l'Europe, le froid prolongé voit les grands fleuves gelés,
          et cause de nombreuses victimes.
                 Mézeray,  dans  son  "Abrégé  chronologique  de  l'Histoire  de  France",  glisse  tout  de  même  une
          anecdote tragi-comique survenue à Lyon.




























                        Grand Hyver (de Mézeray)                        Grand Hyver à Lyon (de Mézeray)

                 L'épisode  passé,  il  y  aura  peu  de  répit.  Vignes,  arbres  fruitiers,  oliviers,  noyers  seront  encore
          victimes du froid en 1665, 1669, 1670, et surtout en 1683, avec 56 jours de gel d'affilé. Redite dramatique
          à l'hiver 1694-95. Cette année-là, un témoin de choix rend compte de la situation difficile à deux pas de
          Marsanne. Il s'agit de la marquise de Sévigné, en villégiature chez sa fille, à Grignan. Le 3 février de 1695,
          elle parvient à écrire une lettre à son cousin Emmanuel de Coulanges, tournant en plaisanterie une situation
          plutôt rude.
                 "[...] toutes nos rivières sont prises ; le Rhône, ce Rhône si furieux, n'y résiste pas ; nos écritoires
          sont gelés ; nos plumes ne sont plus conduites par nos doigts qui sont transis ; nous ne respirons que de la
          neige ; nos montagnes sont charmantes dans leur excès d'horreur ; je souhaite tous les jours un peintre
          pour bien représenter l'étendue de toutes ces épouvantables beautés : voilà où nous en sommes.[...]
                 Pourtant, le pire est encore à venir avec le sombre hiver de 1709, resté à jamais dans les mémoires
          pour  ses  ravages.  Non  seulement,  tout  espoir  de  récolte  est  définitivement  anéanti  par  sept  vagues
          successives de gel entre novembre et mars 1709, mais les mauvaises récoltes de 1708 n'ayant pas permis
          de faire suffisamment de provisions, famine et épidémies déciment les populations. Il suffit de parcourir
          les registres paroissiaux pour comprendre l'ampleur de la catastrophe.

                 A Marsanne, la mortalité se situe autour d'une quinzaine de personnes dans les années normales


          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°36                                                                                                                                              Page | 30
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