Page 925 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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En  1738,  c'est  le  curé  Meyzin  qui  propose  de  fabriquer  sur  place  les  tuiles  nécessaires  à  la
          réfection du toit de Saint-Félix grâce aux ressources disponibles sur place : bois, chaux, argile. Mais il
          faut demander l'autorisation de couper le bois et en même temps obtenir quelques dégrèvements d'impôt
          pour  mener  à  bien  le  projet.  Malheureusement,  la  situation  financière  de  la  communauté  ne  fait  que
          s'aggraver, les demandes successives resteront lettre morte.

                 De délai en délai, Saint-Félix continuera de péricliter, la voûte finira par s'effondrer et l'édifice
          perdra  définitivement  son  statut  d'église  paroissiale  après  la  Révolution,  devenant  peu  à  peu  la  ruine
          magnifique à la silhouette si familière.

                                                                         e
                 Quant à Notre-Dame de la Fontaine, elle disparaît au XIX  siècle,
          mais  pas  totalement.  Comme  le  chat  invisible  d'Alice  au  Pays  des
          merveilles dont on ne voit que le sourire, un petit «  fenestron  »  de la
          façade  du  château  de  Montluisant  rappelle  qu'un  pan  du  mur  extérieur
          ouest de l'église y est intégré à jamais !

                 Outre  ces  édifices  principaux,  il  ne  faut  pas  oublier  la  chapelle
                                                                         e
          Notre-Dame des Bois, puis de Bon-Secours. Édifiée vers le XVII  siècle dans le vallon du petit torrent du
          Fresneau,  à  l'ouest  de  la  colline  du  village,  elle  est  l'objet  d'une  fervente  dévotion  de  la  part  des
          Marsannais ou des fidèles de passage. La tradition place ici un miracle qui permit à la pieuse jeune fille
          d'un tailleur de pierre de recouvrer la vue par ses prières à la Sainte Vierge.

                 Dans les textes, elle attire notre attention en 1725, lorsque le curé de Meyzin décide brusquement
          d'y transférer les messes des fêtes mariales du 15 août et du 8 septembre. Le modeste édifice ne peut
          contenir les " 900 communiants " locaux avec les étrangers à la paroisse, et les consuls émettent une vive
          protestation auprès de l'évêque de Valence.

                 Plus tard, c'est la dévotion particulière à la petite chapelle de la part de la famille de Marcel de
          Blaïn du Poët qui vient mettre le site en lumière. En janvier 1762, le curé note le don, «  pour la chapelle
          Notre-Dame  de  Bon  Secours,  ditte  vulgairement  de  Frenaud   »,  d'une  chasuble  et  d'un  devant  d'autel
          présentés par le marquis du Poët au nom de sa mère, la marquise Louise de la Baume de Tertulle Pluvinel
          décédée en 1760.













               Chapelle N-D de Bon Secours (photo AVM)                             Don de la marquise de Blaïn du Poët

                 Enfin, le 22 mai 1772, un autre fils de la marquise, Joseph-Gaspard de Blaïn du Poët, chevalier de Malte,
          remet au curé et au consul de la communauté «  une somme de 721 Livres en argent comptant, et un billet de 479
          Livres (...). La dite somme de douze cents Livres a été léguée à la chapelle de Bon-Secours, dite vulgairement de
          Fresneau, par noble Joseph Constantin Fidèle de Blaïn du Poët, lieutenant des vaisseaux du Roy, tué dans l’Inde »
          (...). En retour, « le chevalier exige  » des prières pour le repos de son frère, et " le placement de ses armes au-
          dessus de la porte de la chapelle en-dedans (...). »



          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°39                                                                                                                                             Page | 24
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