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AUGUSTE CANON  : HEROS ET MECENE

             Sa place accueille depuis cent ans  les nouveaux  arrivants à Marsanne, son  nom est gravé sur le
             monument aux morts, mais bien peu de villageois savent encore qui était ce jeune homme discret, héritier
             d'une vieille famille locale,  auteur d'un geste d'une rare générosité pour sa communauté à la veille d'un
             départ sans retour : le legs d'une maison à transformer en école laïque de filles.

                    Auguste Canon naît à Marsanne le  1  cr juillet  1883, quartier du Marais, dans la maison de son père
             Auguste Canon, propriétaire cultivateur, et de Marie Léonie Bayle sa mère. Le couple avait eu avant lui
             quatre enfants décédés très tôt. A 20 ans, en  1903, comme nombre de jeunes Français de son âge, ou
             plutôt de sa "classe", il passe le célèbre conseil de révision au chef-lieu de canton, Marsanne.  Premier
             contact avec l'autorité militaire, cette étape décide si le jeune homme est apte à être incorporé dans
             l'armée avant son appel sous  les drapeaux pour le service obligatoire de 3 ans à cette époque.  Auguste,
             numéro matricule 577, est déclaré "bon " pour le service mais dispensé de l'effectuer, car, ayant perdu son
             père en  1893, il est seul soutien de famile ("fils unique de veuve").  En  1904, il sera donc incorporé
                                                                           officiellement au  52c Régiment
                                                                           d'infanterie basé à Montélimar,
                                                                           mais aussitôt renvoyé dans ses
                                                                           foyers pour seconder sa mère.

                                                                           En  1914, Auguste  figure toujours
                                                                           dans les effectifs de la réserve. n
                                                                           est rappelé sous les drapeaux dès
                                                                           l'ordre de mobilisation générale du
                                                                           2 août, et rejoint le 252e RI
                                                                           (régiment d'infanterie) à
                                                                           Montélimar le 4 août. L'unité
                                                                           embarque le 7 août dans un train à
                                                                        f   destination de Gap. Du 8 au 20, ce
                                                                           sera une période d'entraînement
                                                                           accéléré avant la montée vers les
                                                                           zones de combat.
              Les 20 et 21 août,  le régiment prend à nouveau le train pour gagner la gare de Bayon, petite bourgade au
              sud-est de Nancy, sur la voie entre Epinal et Lunéville. Il y parvient juste après  la sévère déroute de la
              bataille de Morhange et le début de la contre-attaque allemande. La  Ligne de front fluctue au grè de
              l'avance ennemie.  A partir du 22 août, et jusque vers le  10 septembre, les soldats  vont participer à la
             défense de Nancy pendant que l'ennemi progresse et occupe Lunéville.

              Les bataillons se déplaçent dans un secteur limité d'une vingtaine de  kilomètres d'envergure, à l'est de la
              capitale lorraine, creusant des tranchées et se préparant à l'attaque.  Ils tourneront ainsi plus ou moins en
              rond,  de cantonnement en cantonnement, dans le secteur Haraucourt -Romémont-Velaine sis Amance,
             jusqu'à la forêt de Champenoux vers l'est, avant de cantonner à Erbéviller si Amezule du  14 au  25
              septembre.

              La confusion  dans les rangs de  l'armée française est alors à son comble.  La journée du 24, voit un ordre
              de retour en réserve à Seichamps, puis deux contre-ordres de déplacement vers divers objectif, pour
              finalement laisser tout le monde où il était le matin.




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