Page 515 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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N'oubliant pas enfin les plus démunis,  il lègue au bureau de Bienfaisance  la somme "que pourrait produire
             une jument, une charette et une mule qui doivent être prises par la mobilisation".

             Quant à  la ferme familiale du Marais et ses dépendances, elles reviennent à son cousin germain, Léon
             Emile Bayle,  "demeurant à Sauzet chez  ses parents"  (Joseph  Bayle  et Marie Joséphine  Antoinette Aymé),
             à condition qu'il veuille bien payer les  "petites dettes"  qui  auraient pu rester en souffrance chez les
             commerçants.

                   La première maison citée est alors occupée par la Poste et le magasin  de  M.  Chainas.  Auguste
             Canon, mécène discret, la lègue  "en toute propriété" à la commune de Marsanne "pour  en  faire une école
             laïque pour les jeunes filles", selon les termes soulignés dans  l'original.

                   Une école de filles existait déjà, mais elle était installée dans l'Hôtel de Ville,  ainsi que les
             logements des institutrices.  Les salles de classe étaient au  premier étage : celle des grandes dans la  Salle
             d'Honneur (actuelle salle du Conseil municipal), celle des petites dans la pièce donnant sur le Champ de
             Mars,  de l'autre côté du  palier.  L'école de garçons était située dans un bâtiment à l'entrée du village,  déjà
             consacré à l'enseignement avant la séparation de  1905. Elle comptait  aussi  deux  classes.

                   En  1914, le personnel enseignant se composait de  M.  Delhomme et  Mlle Marec pour l'école de
             garçons,  er de Mme Garnier et  Mlle Crouzon pour l'école de filles.  La mobilisation envoie le directeur
             sous  les drapeaux.  Restent Mlle Marce et ses deux  collègues.  Pour rééquilibrer les tâches, Mlle Marce
             reprend la grande  classe des garçons, rejointe par Mlle Crouzon avec un  certain nombre des filles pour
             maintenir la 2e classe des plus jeunes. Mme Garnier conserve son poste à !'Hôtel de Ville avec les plus
             grandes. Cette répartition durera le temps de la guerre. Ce n'est qu'en  1919 que la 2ème classe de filles
             reviendra dans ses locaux d'origine.


                                                                   Après l'ouverture du  testament d'Auguste
                                                                   Canon,  la commune engage les  formalités
                                                                   nécessaires afin  d'obtenir l'autorisation
                                                                   officielle  de convertir le bâtiment légué
                                                                   selon les volontés du donataire en déplaçant
                                                                   la Poste.

                                                                   L'installation sera finalement réalisée en
                                                                   1925 avec 2 classes au rez-de-chaussée et
                                                                   les logements de fonction à l'étage.  Mme
                                                                   Garnier et Mlle Crouzon, toujours en poste,
                                                                   inaugureront les lieux.  Un peu plus tard, le
             conseil municipal de Marsanne décidera d'honorer d'une reconnaisance officielle le  bienfaiteur en
             rebaptisant la place de la Poste en "Place Canon Auguste " ou "Place Auguste Canon".

             La petite cour de l'Ecole de Filles a résonné longtemps des récréations de ses jeunes élèves,  faisant écho à
             celles de l'Ecole de garçons, de l'autre côté de la place.

             Puis  le joyeux brouhaha s'est tu ... ou plutôt il  s'est éloigné, un peu plus haut, dans une école neuve où
             garçons et filles partagent désormais la même cour.
             En bas,  l'école d'Auguste Canon a fermé un temps ses volets pour les rouvrir sur une bibliothèque
             municipale accessible aux lectrices et lecteurs de tous âges, dernier hommage au jeune soldat disparu
             dans l'enfer de la bataille de Lorraine un matin de  1915.


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                  Les Amis Du Vieux Marsanne· Bulletin N° 31                                   Page 16
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