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N'oubliant pas enfin les plus démunis, il lègue au bureau de Bienfaisance la somme "que pourrait produire
une jument, une charette et une mule qui doivent être prises par la mobilisation".
Quant à la ferme familiale du Marais et ses dépendances, elles reviennent à son cousin germain, Léon
Emile Bayle, "demeurant à Sauzet chez ses parents" (Joseph Bayle et Marie Joséphine Antoinette Aymé),
à condition qu'il veuille bien payer les "petites dettes" qui auraient pu rester en souffrance chez les
commerçants.
La première maison citée est alors occupée par la Poste et le magasin de M. Chainas. Auguste
Canon, mécène discret, la lègue "en toute propriété" à la commune de Marsanne "pour en faire une école
laïque pour les jeunes filles", selon les termes soulignés dans l'original.
Une école de filles existait déjà, mais elle était installée dans l'Hôtel de Ville, ainsi que les
logements des institutrices. Les salles de classe étaient au premier étage : celle des grandes dans la Salle
d'Honneur (actuelle salle du Conseil municipal), celle des petites dans la pièce donnant sur le Champ de
Mars, de l'autre côté du palier. L'école de garçons était située dans un bâtiment à l'entrée du village, déjà
consacré à l'enseignement avant la séparation de 1905. Elle comptait aussi deux classes.
En 1914, le personnel enseignant se composait de M. Delhomme et Mlle Marec pour l'école de
garçons, er de Mme Garnier et Mlle Crouzon pour l'école de filles. La mobilisation envoie le directeur
sous les drapeaux. Restent Mlle Marce et ses deux collègues. Pour rééquilibrer les tâches, Mlle Marce
reprend la grande classe des garçons, rejointe par Mlle Crouzon avec un certain nombre des filles pour
maintenir la 2e classe des plus jeunes. Mme Garnier conserve son poste à !'Hôtel de Ville avec les plus
grandes. Cette répartition durera le temps de la guerre. Ce n'est qu'en 1919 que la 2ème classe de filles
reviendra dans ses locaux d'origine.
Après l'ouverture du testament d'Auguste
Canon, la commune engage les formalités
nécessaires afin d'obtenir l'autorisation
officielle de convertir le bâtiment légué
selon les volontés du donataire en déplaçant
la Poste.
L'installation sera finalement réalisée en
1925 avec 2 classes au rez-de-chaussée et
les logements de fonction à l'étage. Mme
Garnier et Mlle Crouzon, toujours en poste,
inaugureront les lieux. Un peu plus tard, le
conseil municipal de Marsanne décidera d'honorer d'une reconnaisance officielle le bienfaiteur en
rebaptisant la place de la Poste en "Place Canon Auguste " ou "Place Auguste Canon".
La petite cour de l'Ecole de Filles a résonné longtemps des récréations de ses jeunes élèves, faisant écho à
celles de l'Ecole de garçons, de l'autre côté de la place.
Puis le joyeux brouhaha s'est tu ... ou plutôt il s'est éloigné, un peu plus haut, dans une école neuve où
garçons et filles partagent désormais la même cour.
En bas, l'école d'Auguste Canon a fermé un temps ses volets pour les rouvrir sur une bibliothèque
municipale accessible aux lectrices et lecteurs de tous âges, dernier hommage au jeune soldat disparu
dans l'enfer de la bataille de Lorraine un matin de 1915.
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Les Amis Du Vieux Marsanne· Bulletin N° 31 Page 16

