Page 509 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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chargent  sur  des  brouettes,  la  véhiculent  jusqu'à la  plate-forme  et  l'entassent  en  attendant  que  les
              charretiers viennent à leur tour et l'emportent... à l'usine comme on dit ici.
              - Mais au fait, Jean, qu'est exactement le tripoli et d'où provient-il ?
              - Je  ne suis malheureusement  ni  chimiste ni géologue, Nise,  mais je  m'en rapporte volontiers aux  uns et
              aux autres. Or, voici ce  que nous avons pu  lire dans une courte  notice de 1872 ; (notice e sur le tripoli de
              Marsanne, par A. Soulier,  curé de Vesc, membre de la société géologique de France)


              «Tous les géologues connaissent cette zone étroite formée  par  la  molasse d'eau douce, qui se  prolonge
              en  ligne  droite  dans  une  direction  S.S.O.,  et  qui  vient passer à  l'extrémité  de  la  ville  de  Crest.  Elle est
              recouverte  immédiatement  par  les  couches  de  molasse  à  gros  grain,  remplis  de  coquilles  marines,  sur
              lesquelles  est  bâtie la ville  de  Crest.  Au sud  de la  Drôme,  la  molasse  d'eau  douce  continue  encore  par
              Divajeu jusqu'à la  Répara, et ses couches fortement  redressées, s'appuient au bord d'une faille, contre le
              terrain néocomien ou les marnes aptiennes.
              Du côté de l'ouest,  elles sont recouvertes par la molasse marine coquillière de Lambres et d' Autichamps.
              Entre  la  Répara  et  Auriples,  la  bande  de  molasse  d'eau  douce  change  d'allure  et  de  direction :  ses
              couches sont  moins  inclinées,  s'appuient  sur la  craie  chlorite  sableuse  et  s'étendent,  en  plateau,  vers
              l'ouest, en  passant au nord de Roynac, jusqu'a Roche-sur-Grâne.
              Le  calcaire  d'eau  douce  qui  forme  l'assise  supérieure .s'enfonce  doucement  au  nord  sous  la  molasse
              marine coquillère.  C'est dans  le  prolongement de ce  terrain d'eau  douce,  jusqu'au  bois  communaux  de
              Marsanne que l'on trouve le tripoli.
              Là,  la  molasse  d'eau  douce  est appuyée  en  partie  sur le calcaire  du  terrain  néocomien,  qui constitue  le
              massif   des   montagnes    de    Marsanne,   et   sur   les   marnes   de   l'étage   aptien.
              Cette  molasse d'eau douce a  été  remaniée. (Rien  dans la nature et la disposition actuelle du sol ne peut
              laisser supposer  un  remaniement par la main des hommes.  Par ce mot l'auteur veut sans doute nous
              indiquer  qu'un  bouleversement  a  eu  lieu  qui  a  donné aux  couches  terrestres  la place  qu'elle  occupe
              aujourd'hui).  C'est  dans ce remaniement de terrain que l'on trouve le tripoli. »
              Voici  d'autre  part,  Nise,  une  analyse  récente  du tripoli  de  Marsanne,  qui  répond  plus  directement  à  la
              question que tu me posais :
                                                                 91,2 %
                                 - silice ......... ............ ......... ... ...... ..
                                                                  1,3 %
                                 - chaux .................. ..................... .
                                 - oxyde de fer et alumine ... ...............  4,8 %
                                 - eau et acide carbonique ..................  2,7 %
              Et le chimiste ajoute : l'acide chlorhydrique concentré l'attaque très peu en  laissant un résidu de
              93,5           %            formé           de           silice          et           d'argile.
              Comme tu  le  vois,  la  partie essentielle  du tripoli  dont tu te sers est la  silice,  formée  de  la  dépouille de
              millions et de millions d'animalcules infusoires qui vécurent là il y a des milliers et milliers d'années.

              - Parle  moi  maintenant  de  cette  «  usine »  sise  à  l'entrée  de  bourg de  Marsanne et dont je  ne  connais
              encore que la façade café-au-lait.
              - C'est là, Nise, qu'on apporte la terre extraite à la mine.   ·
              Tout  d'abord  on  l'étend  sur  un séchoir bétonné  que tu  as  sans doute remarqué derriere  l'usine.  là,  en
              plein air, au bon soleil durant la  belle saison ;  le tripoli se débarrasse d'une partie de son humidité.  Mais
              le séchage en  plein  air  ne suffit généralement pas et l'on est obligé d'étendre ensuite  ce tripoli sur une
              plate-forme  maçonnée  et  chauffée  par  un  calorifère.  Après  plusieurs  brassages,  lorsque  l'on  juge
              suffisamment sec,  on  le  broie avec  les meules d'un  moulin, comme on ferait  pour le grain  à réduire en
              farine.  La  farine  d'un  nouveau  genre  ainsi  obtenue  est  dirigée  vers  le  blutoir (dispositif mécanique  qui
              permet  de  séparer  les  diverses  particules,  selon  leur  grosseur,  d'un  matériau  après  broyage).La  un
              premier tamis percé de 200 trous par centimètre carré,  laisse passer la fin fleur du tripoli.
              Là  un  premier  tamis  percé  de  200  trous  par  centimètre  carré,  laisse  passer  la  fine  fleur  du  tripoli.
              D'autres  tamis suivent,  un  peu  moins  fin.  Ils  ont  120 trous seulement par  centimètre  carré,  a  travers



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                  Les Amis Du Vieux Marsanne· Bullecln  N° 31                                  Page 10
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