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entre Russes et Ottomans on arrive à un conflit ouvert, mais les défaites s'enchaînent pour le Sultan
er
Abdülmecid I (Abdul-Medjid) .
Inquiets de la fragilité de l'empire
turc, leur allié, Britanniques et Français
finissent par oublier leur méfiance
réciproque pour envoyer une flotte
commune vers la mer Noire. Les frères
ennemis déclarent la guerre à la Russie
au printemps de 1854 et débarquent aux
côtés des Ottomans.
Les détails de la campagne ne
sont pas notre propos, mais on arrive aux
péripéties du siège de Sébastopol, base
navale vitale. Débuté en septembre 1854,
il ne prend fin, après un hiver meurtrier,
Prise de la tour de Malakoff (A. Yvon, Wikimedia)
qu'avec la prise du fort Malakoff, le 8
septembre 1855, par les zouaves du général de Mac-Mahon.
Les Russes quittent immédiatement la ville,
abandonnant derrière eux tout leur arsenal. La prise
de guerre est impressionnante, l'inventaire par les
alliés dure plusieurs jours. On dénombre plus de
3 800 canons de tout calibre (pièces de siège et de
marine), y compris ceux qui ont été jetés dans le
port, plus de 407 000 boulets, près de 102 000
obus, 670 000 cartouches, etc. Le partage est
équitable entre Français et Anglais pour les canons.
Outre le matériel militaire, les vainqueurs
ramènent aussi quelques souvenirs civils. En Le général de Mac-Mahon et les Zouaves (détail)
France, ils sont rares, car le conflit n'a pas suscité (Wikimedia)
un grand enthousiasme populaire. On peut encore voir une sphinge de pierre qui trône près d'une entrée
du jardin des Tuileries, à Paris. Elle avait une sœur jumelle qui dort dans les réserves du Louvre.
En province, c'est l'imposante statue de Notre-Dame de France qui domine la ville du Puy-en-
Velay, du haut du rocher Corneille. Sculptée par Jean-Marie Bonnassieux, elle est réalisée avec la fonte
de 213 canons de marine offerts par Napoléon III et n'aura qu'une rivale en taille, la statue de la Liberté.
Il y a aussi cette cloche offerte par l'empereur à la paroisse de Plaisance. Installée dès 1861 dans
l'église Notre-Dame de l'Assomption, bénie en 1866, elle accompagne la nouvelle église érigée en 1902,
Notre-Dame du Travail. On ne sait pas à quel clocher elle a été ravie. En Angleterre, en revanche, une
cloche de l'église des Douze Apôtres de Sébastopol est toujours visible à proximité des casernes
d'Aldershot. Sa sœur est à Windsor où elle a pour seule tâche d'annoncer le décès d'un souverain.
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