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Églises et chrétienté

                 Ainsi  à  la  fin  de  l’Empire  romain,  à  partir  du  quatrième  siècle  de  notre  ère,  l’organisation  des
          structures  administratives  prend  appui  sur  le  réseau  de  la  nouvelle  religion  chrétienne,  favorisé  par
          décision  impériale.  Aux  siècles  suivants,  l’histoire  politique  continue  à  être  influencée  par  la  pensée
          chrétienne (songeons par exemple au baptême de Clovis). S’il est difficile d’en mesurer l’impact sur le
          quotidien  des  populations,  les  plus  anciens  textes  de  notre  région,  dès  le  dixième  siècle,  montrent
          l’importance du pouvoir temporel des évêques.

                 L’importance de la religion chrétienne se mesure aussi par le nombre des églises – la cathédrale
          occupant le sommet de la hiérarchie des lieux de cultes chrétiens – que l’on peut évaluer en croisant les
          données  archéologiques  et  l’étude  des  textes.  Certaines  églises  ont  entièrement  disparu  et  des  noms  de
          lieux, les hagiotoponymes, en conservent le souvenir, par exemple, à Saint-Laurent de Meyras, ou à Saint-
          Genis, entre La Laupie et Sauzet.
                 Aucune  n’a  été  vraiment  étudiée  dans  la  Valdaine,  les  fouilles  archéologiques  étant  toujours
          complexes  à  mener  à  l’intérieur  d’édifices  encore  en  usage,  comme  il  en  a  été  le  cas  lors  des
          réaménagements  du  sol  de  la  cathédrale  romane  de  Saint-Paul-Trois-Châteaux,  il  y  a  une  vingtaine
          d’années. On a pu y repérer les vestiges d’une nef antérieure, alors qu’on sait que l’évêque Paul (qui a
          donné son nom à la ville) fut enterré dans une basilique encore plus ancienne.

                 On peut néanmoins étudier les modifications des bâtiments encore en élévation aujourd’hui. Pour
          des raisons culturelles et pratiques, les églises ou chapelles de la Valdaine ont généralement conservé une
          forme  architecturale  attribuée  au  style  « roman » :  arcs  en  demi-cercle,  c’est-à-dire  en  plein  cintre,  et
          voûtes  de  même  forme,  en  berceau  longitudinal.  Leur  origine  remonte  à  une  vaste  campagne  de
          reconstruction qui s’étend sur l’ensemble du douzième siècle et déborde sur le siècle suivant.

                 Leur  description  se  trouve  dans  les  volumes  de  la  collection  Zodiaque,  Provence  Romane  et
          Dauphiné  Roman,  rédigés  respectivement  par  Jean-Maurice  Rouquette  et  par  Guy  Barruol,  telles  la
          chapelle  Barbara  à  Allan,  Aleyrac,  Cléon-d’Andran,  Charols,  la  chapelle  du  château  de  Montélimar,
          Puygiron, Savasse, Saint-Marcel-les-Sauzet…

                 De cette période date assurément un bon nombre d’édifices, le plus important étant l’abbatiale de
          Saint-Marcel-les-Sauzet, dont le chœur conserve de superbes peintures murales.

                 Quelques  vestiges  architecturaux  appartiennent  au  style  dit  gothique,  caractérisé  par  l’ogive,  un
          système complexe de couverture des volumes, qui se répand dans la vallée du Rhône plus d’un siècle après
          son  emploi  systématique  en  Île-de-France.  Ces  dentelles  de  pierre  sont  encore  bien  conservées  dans  le
          choeur de la cathédrale de Viviers, reconstruit à la fin du quinzième siècle, juste avant qu’apparaissent les
          formes  de  la  Renaissance  italienne  avec,  par  exemple,  le  clocher  de  la  collégiale  Sainte-Croix  de
          Montélimar.

                 Cependant, lorsqu’on dut construire des voûtes  au dix-septième siècle, au moment de la contre-
          Réforme, il fut plus simple de remonter des voûtes en plein cintre plutôt que de sculpter des pierres au
          profil complexe. On en voit un bel exemple avec la chapelle du château de La Batie-Rolland : une voûte en
          plein  cintre  recoupe  hardiment  un  départ  de  voûte  d’ogives.  C’est  ainsi  que  beaucoup  d’édifices  dits
          « romans » datent de l’époque Moderne.







          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°36                                                                                                                                              Page | 13
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