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de son entourage, car elles conservent la trace des gestes des proches qui ont accompagné le défunt, ou la
défunte autour de sa dernière demeure.
Nos savants locaux ont sauvegardé le souvenir de quelques découvertes de tombes préhistoriques.
Ainsi une tombe collective souterraine d’époque chalcolithique, hypogée contenant plusieurs centaines
d’individus inhumés avec des objets en silex taillé, a été découverte en 1880 à l’est de Montélimar.
Plusieurs tumulus des âges du Fer avaient été rasés auparavant, vers 1855, quand on ouvrit la route de
Montélimar à Grignan au pied de la montagne d’Espeluche, et, en 1866, celui, probable, du quartier des
Boulats à La Laupie, où a été exhumée une splendide épée en bronze.
La sépulture la plus ancienne de notre région, celle de l’aven des Iboussières à Malataverne,
remonte à la fin du Paléolithique (Mésolithique azilien), soit vers 10 000 ans avant notre ère. Découverte
par Patrick Morand, en 1991, elle a pu être fouillée partiellement avant son effondrement. Les restes de
neuf inhumations (quatre adultes masculins, quatre enfants et un bébé) reposaient dans une couche d’argile
colorée en rouge par de l’ocre, avec des milliers d’objets de parure et des restes osseux de faune. Ils sont
toujours en cours d’étude.
Au quartier du Gournier à Montélimar, un extraordinaire ensemble funéraire daté de l’époque
néolithique (Chasséen récent), a été fouillé entre 1988 et 1992, sous la responsabilité d’Alain Beeching. Il
bénéficie d’une belle présentation au Musée de Valence, mais sa publication scientifique tarde à venir.
Lors des fouilles préventives préalables à la construction de la ligne du TGV, en 1996, plusieurs
ensembles funéraires ont été étudiés sur les communes de Montboucher, Espeluche et Allan. Ils
renseignent sur les modes d’inhumation et d’incinération des époques romaines et du haut Moyen-Âge
Au début de ce siècle, des nécropoles à inhumation d’époque romaine comptant plusieurs centaines
de tombes ont été fouillées par l’Inrap, à Châteauneuf-du-Rhône, en 2006, et à Savasse en 2010.
Rites païens et premiers temps chrétiens
Les pratiques religieuses des populations gauloises et romaines sont difficiles à aborder ; il en est
de même du passage des religions antiques à la religion chrétienne. Dans la Valdaine, les connaissances
sur les temples païens sont rares, aussi rares que celles concernant les toutes premières églises. Les fouilles
du temple dédié aux Mères Victorieuses découvert à Allan, en 1880, par Ludovic Vallentin n’en sont que
plus précieuses. Malheureusement elles furent interrompues par la montée des eaux et n’ont jamais été
publiées. Dans le cadre du récent projet collectif de recherche consacré spécifiquement aux objets de culte
gaulois et romains retrouvés lors de fouilles archéologiques, plusieurs spécialistes en ont repris l’étude.
Selon plusieurs inscriptions que l’on date entre 100 et 120 de notre ère, ce minuscule temple rural
appartenait à un domaine tenu par un esclave, appelé Niger, pour le compte d’un citoyen romain. Les
offrandes montrent une longue fréquentation qui a perduré jusqu’à la fin de la période romaine. Pourtant à
cette époque, le christianisme était déjà religion officielle depuis l’empereur Constantin qui a supprimé le
culte civique de l’empereur.
Les actes des assemblées officielles des représentants de la religion chrétienne en jalonnent la
progression. Le concile convoqué en Arles en 314 par Constantin, mentionne les communautés chrétiennes
d’Orange et d’Apt, représentées par un évêque, et celle de Vaison, représentée par un prêtre. Les évêques
de Die, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Viviers, Valence sont connus plus tard.
Pour restituer cette émergence de la chrétienté, il faut recourir aux textes légendaires. Ainsi la
mémoire de l’efficace action évangélisatrice de Césaire, évêque d’Arles, en 500, est conservée dans la
légende du vent fertilisateur, appelé Pontias, qu’il aurait enfermé dans son gant pour l’amener jusqu’à la
région de Nyons.
En réalité, Nyons doit son origine à un monastère féminin dépendant de l’abbaye fondé par le
même évêque Césaire dans sa ville du bas-Rhône. Rusticule, une riche orpheline vaisonnaise, née vers
550, devint abbesse de cette abbaye Saint-Césaire d’Arles. Son patrimoine, laissé à l’abbaye, serait
probablement à l’origine de ses biens autour de Nyons et jusqu’à Montélimar : une légende, naguère
rapportée par Maurice Viel, évoquait la cloche des religieuses englouties dans le lac de Gournier (au sud
de Montélimar)
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