Page 789 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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de son entourage, car elles conservent la trace des gestes des proches qui ont accompagné le défunt, ou la
          défunte autour de sa dernière demeure.

                 Nos savants locaux ont sauvegardé le souvenir de quelques découvertes de tombes préhistoriques.
          Ainsi  une  tombe  collective  souterraine  d’époque  chalcolithique,  hypogée  contenant  plusieurs  centaines
          d’individus  inhumés  avec  des  objets  en  silex  taillé,  a  été  découverte  en  1880  à  l’est  de  Montélimar.
          Plusieurs tumulus des âges du Fer avaient été rasés auparavant, vers 1855, quand on ouvrit la route de
          Montélimar à Grignan au pied de la montagne d’Espeluche, et, en 1866, celui, probable, du quartier des
          Boulats à La Laupie, où a été exhumée une splendide épée en bronze.

                 La  sépulture  la  plus  ancienne  de  notre  région,  celle  de  l’aven  des  Iboussières  à  Malataverne,
          remonte à la fin du Paléolithique (Mésolithique azilien), soit vers 10 000 ans avant notre ère. Découverte
          par Patrick Morand, en 1991, elle a pu être fouillée partiellement avant son effondrement. Les restes de
          neuf inhumations (quatre adultes masculins, quatre enfants et un bébé) reposaient dans une couche d’argile
          colorée en rouge par de l’ocre, avec des milliers d’objets de parure et des restes osseux de faune. Ils sont
          toujours en cours d’étude.

                 Au  quartier  du  Gournier  à  Montélimar,  un  extraordinaire  ensemble  funéraire  daté  de  l’époque
          néolithique (Chasséen récent), a été fouillé entre 1988 et 1992, sous la responsabilité d’Alain Beeching. Il
          bénéficie d’une belle présentation au Musée de Valence, mais sa publication scientifique tarde à venir.
                 Lors des fouilles préventives préalables à la construction de la ligne du TGV, en 1996, plusieurs
          ensembles  funéraires  ont  été  étudiés  sur  les  communes  de  Montboucher,  Espeluche  et  Allan.  Ils
          renseignent sur les modes d’inhumation et d’incinération des époques romaines et du haut Moyen-Âge
                 Au début de ce siècle, des nécropoles à inhumation d’époque romaine comptant plusieurs centaines
          de tombes ont été fouillées par l’Inrap, à Châteauneuf-du-Rhône, en 2006, et à Savasse en 2010.


          Rites païens et premiers temps chrétiens

                 Les pratiques religieuses des populations gauloises et romaines sont difficiles à aborder ; il en est
          de même du passage des religions antiques à la religion chrétienne. Dans la Valdaine, les connaissances
          sur les temples païens sont rares, aussi rares que celles concernant les toutes premières églises. Les fouilles
          du temple dédié aux Mères Victorieuses découvert à Allan, en 1880, par Ludovic Vallentin n’en sont que
          plus précieuses. Malheureusement elles furent interrompues par la montée des eaux et n’ont jamais été
          publiées. Dans le cadre du récent projet collectif de recherche consacré spécifiquement aux objets de culte
          gaulois et romains retrouvés lors de fouilles archéologiques, plusieurs spécialistes en ont repris l’étude.
                 Selon plusieurs inscriptions que l’on date entre 100 et 120 de notre ère, ce minuscule temple rural
          appartenait  à  un  domaine  tenu  par  un  esclave,  appelé  Niger,  pour  le  compte  d’un  citoyen  romain.  Les
          offrandes montrent une longue fréquentation qui a perduré jusqu’à la fin de la période romaine. Pourtant à
          cette époque, le christianisme était déjà religion officielle depuis l’empereur Constantin qui a supprimé le
          culte civique de l’empereur.
                 Les  actes  des  assemblées  officielles  des  représentants  de  la  religion  chrétienne  en  jalonnent  la
          progression. Le concile convoqué en Arles en 314 par Constantin, mentionne les communautés chrétiennes
          d’Orange et d’Apt, représentées par un évêque, et celle de Vaison, représentée par un prêtre. Les évêques
          de Die, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Viviers, Valence sont connus plus tard.
                 Pour  restituer  cette  émergence  de  la  chrétienté,  il  faut  recourir  aux  textes  légendaires.  Ainsi  la
          mémoire  de  l’efficace  action  évangélisatrice  de  Césaire,  évêque  d’Arles,  en  500,  est  conservée  dans  la
          légende du vent fertilisateur, appelé Pontias, qu’il aurait enfermé dans son gant pour l’amener jusqu’à la
          région de Nyons.
                 En  réalité,  Nyons  doit  son  origine  à  un  monastère  féminin  dépendant  de  l’abbaye  fondé  par  le
          même évêque Césaire dans sa ville du bas-Rhône. Rusticule, une  riche  orpheline vaisonnaise, née vers
          550,  devint  abbesse  de  cette  abbaye  Saint-Césaire  d’Arles.  Son  patrimoine,  laissé  à  l’abbaye,  serait
          probablement  à  l’origine  de  ses  biens  autour  de  Nyons  et  jusqu’à  Montélimar :  une  légende,  naguère
          rapportée par Maurice Viel, évoquait la cloche des religieuses englouties dans le lac de Gournier (au sud
          de Montélimar)
          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°36                                                                                                                                              Page | 12
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