Page 794 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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GLORIA VICTORIBUS


                 Au hasard d'une visite à la mairie de Marsanne, il a suffi de pousser une porte pour découvrir, bien
          sage sur un meuble, une statuette de bronze assez intriguante. Une figure féminine tient une couronne au-
          dessus de la tête d'un jeune homme en marche, glaive levé.

                 Le  socle  nous  révèle  le  nom  du  sculpteur,  Mercié.  Nom  familier  qu'aucun  provençal  ne  peut
          ignorer. C'est lui l'auteur de la bouleversante Mireille, frappée d'insolation, errant désespérée dans la Crau
          vers l'église des Saintes-Maries de la Mer. Le poème de Mistral ne pouvait être mieux illustré.

                 Lorsqu'Antonin  Mercié  présente  cette  oeuvre  au  Salon  de  1913,  il  a  derrière  lui  une  solide  et
          brillante  carrière  de  sculpteur.  La  revue  des  Annales  associe  immédiatement  la  silhouette  tragique  à
          l'héroïne de l'opéra de Gounod dont on fête le cinquantenaire en cette même année.




















                           Antonin Mercié
                           dans son atelier





                                                                             MIREILLE

                 Né à Toulouse en 1845, Antonin Mercié "monte" à Paris pour s'inscrire à l'Ecole des Beaux-Arts où
          il aura parmi ses maîtres François Jouffroy et un autre toulousain célèbre, Alexandre Falguière. Grand prix
          de Rome en 1868, il rencontre très vite le succès au sortir de la guerre de 1870 avec une statue de "David"
          triomphant de Goliath.

                 La promesse de revanche incarnée par le jeune héros après une humiliante défaite vaut au sculpteur,
          non seulement la Légion d'honneur, mais aussi la commande officielle par l'Etat, en 1872, d'une version en
          bronze fondue par Thiébaut. Installé au Musée du Luxembourg dès 1874, "David" connaît une popularité
                                                          e
          telle que Barbedienne, l'autre grand fondeur du 19  siècle, l'éditera en six tailles différentes.
                 Mais, l'oeuvre qui confirme à la fois son talent et son succès est une scène allégorique réalisée aussi
          en 1872, intitulée "Gloria Victis". Commandé par la ville de Paris, le bronze grandeur nature (2,20 m)
          fondu par Thiébaut et frères est exposé au Musée du Petit Palais.


          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°36                                                                                                                                              Page | 17
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