Page 792 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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Les  rares  mentions  concernant  les  possesseurs  de  châteaux
          ou  au  moins  responsables  de  leur  entretien,  voire  de  leur
          construction,  sont  souvent  agrémentées  de  légendes,  nées
          après le Moyen-Âge.
          Ainsi en est-il de cette mystérieuse comtesse de Marsanne,
          mère du comte de Valentinois Aymar de Poitiers, qui aurait
          été  l’ancêtre  de  la  lignée  des  comtes  de  Valentinois.  Vers
          1900,  on  montrait  encore  l’emplacement  de  son  tombeau
          auprès  d’un  mur  de  l’abbaye  féminine  cistercienne  de
          Bonlieu.  Pourtant  aucun  texte  ne  mentionne  Marsanne
          comme capitale du comté de Valentinois !
          En  fait,  la  légende  est  apparue  après  la  mort  du  dernier
          comte, puis a été reprise au temps de sa descendante Diane
          de  Poitiers,  favorite  du  roi  Henri  II  qui  la  fit  duchesse  de
          Valentinois,  le  titre  étant  passé  plus  tard  aux  ancêtres  des
          actuels princes de Monaco.
          Si l’on souhaite dresser un inventaire de tous les bâtiments
          que l’on peut qualifier de château, il faut recenser à la fois
          des  fortifications,  perchées  ou  non,  et  des  résidences
          seigneuriales,  en  ruine  ou  encore  habitées,  isolées  dans  la
          campagne ou dominant un village.


                 La Tapisserie de Bayeux, longue bande dessinée brodée qui relate la conquête de l’Angleterre par
          Guillaume  le  Conquérant,  a  popularisé  la  forme  typique  du  château  de  l’An  Mil,  la  motte  castrale,
          considérable butte de terre portant une tour de bois et entourée d’un fossé annulaire, parfois mis en eau.
                 Cette forme de « château de terre » a été étudiée dans notre région depuis près d’un demi-siècle. En
          particulier, des fouilles approfondies ont été menées sur le site de la Tour d’Albon, berceau de la dynastie
          comtale des Dauphins de Viennois qui ont donné leur nom à la province du Dauphiné. Les archéologues y
          ont  mis  en  évidence  l’évolution  complexe  d’un  ensemble  castral  avec  chapelle  et  grand  bâtiment,
          antérieurs à la tour sur motte toujours visible depuis la vallée du Rhône.
                 Le  château  de  Montélimar  disposait  d’un  palais  prestigieux  qui  reçut  la  visite  de  l’empereur
          germanique en 1178, mais il a bien pâti de son affectation carcérale de la période révolutionnaire jusqu’en
          1926. Sa restauration durant la deuxième moitié du siècle dernier s’est  malheureusement déroulée sans
          étude archéologique approfondie.
                 Néanmoins, nous pouvons restituer quelques grandes étapes : installation d’un ensemble castral sur
          la  colline  dominant  Montélimar  dès  l’An  Mil,  construction  d’une  église  paroissiale  sous  le  vocable  de
          Saint-Pierre avant 1100, partage de la seigneurie des Adhémar de Montélimar vers 1200 et construction de
          deux châteaux distincts : en subsistent la Tour de Narbonne au nord, et le château des Adhémar, au sud.
          Ensuite,  la  situation  politique  se  complique  avec  l’intervention  du  comte  de  Valentinois,  puis  du  Pape,
          avant le rattachement au royaume de France. Plus tard, sa transformation en citadelle bastionnée l’a coupé
          de la ville avec laquelle il formait un ensemble étroitement lié.






          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°36                                                                                                                                              Page | 15
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