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Les rares mentions concernant les possesseurs de châteaux
ou au moins responsables de leur entretien, voire de leur
construction, sont souvent agrémentées de légendes, nées
après le Moyen-Âge.
Ainsi en est-il de cette mystérieuse comtesse de Marsanne,
mère du comte de Valentinois Aymar de Poitiers, qui aurait
été l’ancêtre de la lignée des comtes de Valentinois. Vers
1900, on montrait encore l’emplacement de son tombeau
auprès d’un mur de l’abbaye féminine cistercienne de
Bonlieu. Pourtant aucun texte ne mentionne Marsanne
comme capitale du comté de Valentinois !
En fait, la légende est apparue après la mort du dernier
comte, puis a été reprise au temps de sa descendante Diane
de Poitiers, favorite du roi Henri II qui la fit duchesse de
Valentinois, le titre étant passé plus tard aux ancêtres des
actuels princes de Monaco.
Si l’on souhaite dresser un inventaire de tous les bâtiments
que l’on peut qualifier de château, il faut recenser à la fois
des fortifications, perchées ou non, et des résidences
seigneuriales, en ruine ou encore habitées, isolées dans la
campagne ou dominant un village.
La Tapisserie de Bayeux, longue bande dessinée brodée qui relate la conquête de l’Angleterre par
Guillaume le Conquérant, a popularisé la forme typique du château de l’An Mil, la motte castrale,
considérable butte de terre portant une tour de bois et entourée d’un fossé annulaire, parfois mis en eau.
Cette forme de « château de terre » a été étudiée dans notre région depuis près d’un demi-siècle. En
particulier, des fouilles approfondies ont été menées sur le site de la Tour d’Albon, berceau de la dynastie
comtale des Dauphins de Viennois qui ont donné leur nom à la province du Dauphiné. Les archéologues y
ont mis en évidence l’évolution complexe d’un ensemble castral avec chapelle et grand bâtiment,
antérieurs à la tour sur motte toujours visible depuis la vallée du Rhône.
Le château de Montélimar disposait d’un palais prestigieux qui reçut la visite de l’empereur
germanique en 1178, mais il a bien pâti de son affectation carcérale de la période révolutionnaire jusqu’en
1926. Sa restauration durant la deuxième moitié du siècle dernier s’est malheureusement déroulée sans
étude archéologique approfondie.
Néanmoins, nous pouvons restituer quelques grandes étapes : installation d’un ensemble castral sur
la colline dominant Montélimar dès l’An Mil, construction d’une église paroissiale sous le vocable de
Saint-Pierre avant 1100, partage de la seigneurie des Adhémar de Montélimar vers 1200 et construction de
deux châteaux distincts : en subsistent la Tour de Narbonne au nord, et le château des Adhémar, au sud.
Ensuite, la situation politique se complique avec l’intervention du comte de Valentinois, puis du Pape,
avant le rattachement au royaume de France. Plus tard, sa transformation en citadelle bastionnée l’a coupé
de la ville avec laquelle il formait un ensemble étroitement lié.
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