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A Elie, 8 janvier 1915, extrait (coll. privée)


                 Grandeurs et misères d'un temps de guerre. Si des milliers d'hommes comme Gabriel et Abel ont
          réussi  à  faire  leur  devoir,  malgré  des  situations  souvent  chaotiques  et  des  stratégies  meurtrières,  c'est
          qu'ils ont aussi pu compter sur le soutien sans faille de leurs familles et sur les réseaux de compatriotes
          croisés  sur  le  terrain  entre  deux  déplacements.  D'autres,  moins  chanceux,  ont  vécu  la  dérive  la  plus
          dramatique.

                                                L'assassin de Marsanne


                 Depuis l'année 1915, un réseau de "marraines de guerre" né de diverses initiatives privées s'est
          constitué. La première motivation a été de soutenir le moral des soldats mobilisés par une correspondance
          régulière et, accessoirement, l'envoi de colis toujours bienvenus au front. Autre motivation était plutôt
          d'ordre sentimental et bien des liaisons ne restèrent pas qu'épistolaires.

                 A  Marsanne,  comme  ailleurs,  nombre  de  dames  ou  demoiselles  ont  ainsi  entamé  une  relation
          platonique  et  expédié  nombre  de  colis  aux  poilus  perdus  dans  les  plaines  hostiles  du  "Nord".  Ces
          courriers, parfois conservés, témoignent de l'amical réconfort ainsi apporté. Dans la correspondance de la
          famille Canon, une lettre du 3 janvier 1917 adressée à Huguette, sœur de Gabriel, par un certain Paul. Ce
          militaire apparemment en poste dans la Somme, à Chuignes, la remercie de ses bons vœux.

                 Très aimable, il évoque un récent passage à Marsanne et une prochaine visite, peut-être en même
          temps que l'un de ses compagnons de l'épisode précédent pour une amicale rencontre avec les "marraines
          du  cartonnage".  Il  se  prépare  à  monter  en  ligne  dans  le  secteur  de  Barleux-Biaches,  à  deux  pas  de
          Péronne, avec l'espoir d'en revenir rapidement, "il y a trop de boue".

                 L'ami  en  question  est  un  certain  Georges  Gaudrier,  et  par  simple  curiosité  nous  essayons  de
          vérifier s'il a survécu à la Somme, et dans quel régiment. Surprise, pas d'arbre généalogique en ligne, mais
          des entrefilets de presse qui nous révèlent peu à peu une personnalité pour le moins complexe.



          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°37                                                                                                                                             Page | 35
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