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DE CONSTANTINOPLE AUX PLAINES DE LORRAINE

        Il est probable que Marie Félicie ait terminé ses jours seule sur place. Leur fille, Marie-Louise Esther, n'est
        sans doute pas restée longtemps en Moldavie. A tout juste vingt ans, on la trouve à Constantinople, mariée à
        Ernest Jules Froment, un commis architecte originaire de Paris, auquel elle donne un fils, Emile Jean Marie,
        le 9 juillet 1892.

        En dépit de ces destinations exotiques, on s'aperçoit très vite que le jeune époux n'est pas un total étranger à
        la  famille  puisqu'il  s'agit  du  petit-cousin  issu  de  germain  d'Esther  !  On  ne  connaît  pas  le  détail  des
        déplacements  de  la  famille,  sinon  qu'une  fille,  Alice,  naît  le  20  décembre  1907.  Elle  épousera  plus  tard
        André  Tonnelier,  originaire  des  Ardennes  et  commerçant  installé  dans  la  Marne,  à  Bouzy.  C'est  dans  ce
        foyer que Marie Louise Esther, veuve, finit ses jours en 1956.

                               Le destin d'Emile Jean Marie est plus tragique. Marié à Chatou (Yvelines), en 1917,
                               à Marie Jacquart, jeune femme originaire de Bezonvaux, dans la Meuse, il s'est peut-
                               être installé dans cette région entre les deux guerres, ou bien s'est-il rapproché de la
                               famille de son épouse au début de l'occupation. Demeure-t-il à Beurey-sur-Saulx ?

                               C'est  à  Robert-Espagne,  tout  proche  qu'il  trouve  la  mort  le  29  août  1944,  victime
                               avec  son  beau-frère  Marcel  Emile  Jacquart  et  48  autres  hommes,  des  représailles
                               sanglantes de soldats du 29ème régiment de Panzer-Grenadier de la Wehrmarcht. Le
                               village est incendié, la population décimée lorsqu'elle n'a pas pu fuir dans la forêt.

        Emile  (Jean  Marie)  Froment  figure  sur  les  deux  monuments  aux  Fusillés  de  ce  jour  funeste  à  Robert-
        Espagne et Beurey. Grâce au travail de mémoire réalisé par M. Jean-Pierre Fraiche, fils de l'un des fusillés,
        nous suivons le déroulement terrible de cette journée et nous disposons d'une photo d'Emile Froment, seul
        témoignage graphique du petit fils de Pierre Alexis Philippe Terras.














                             Le village de Robert-Espagne après le 29 août 1944 - Monument













        Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°35                                                         Page | 19
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