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MARSANNE OU LES MYSTERES D’UN CEPAGE EPONYME
De plus en plus de visiteurs, de touristes, ou même
d'habitants du village près de Montélimar, posent des
questions sur "la marsanne", un cépage dont ils
trouvent le nom sur l'étiquette frontale, ou "dorsale" de
nombreuses bouteilles de vins blancs, surtout dans la
région des "Côtes-du-Rhône".
L'Office de tourisme du pays de Marsanne se trouve,
notamment pendant le rush estival, en première ligne
pour répondre à ces interrogations. Lesquelles sont de
plus en plus nombreuses, à la une du développement
sans précédent de l’œnologie, et de la consommation
de vins de qualité ! Et le touriste concerné est le plus
souvent désappointé de constater l'absence quasi-totale
de pieds de vigne sur les terres de la commune. Il est
bien normal que sa curiosité soit excitée par ce
paradoxe apparent.
Quand on interroge des représentants de quelques
vieilles familles Marsannaises, ils attestent
qu'effectivement les surfaces agricoles destinées à la
viticulture ont bien disparu au fil des dernières
décennies. Et, à leur avis, il n'existe aucune preuve
tangible pour relier le nom du cépage à celui du
village. Nous avons essayé d'enquêter plus avant.
Premier constat : aucun autre lieu géographique, au moins en Europe de l'ouest, ne porte le même
patronyme. De plus, pendant des décennies, voire des siècles, il est certain que la viticulture a été très
importante sur les terres de la commune. Mais aucune archive officielle n'en apporte la preuve formelle. Il
existe pourtant trois références historiques à ce sujet :
- la charte de fondation de l'abbaye voisine de Bonlieu datée de 1171, où la vigne de Marsanne est citée,
- la "bible" de l’ampélographie, (ou étude des cépages), rédigée par Pierre Viala et Victor Vermorel, de 1902
à 1910. Dans 7 volumes, ils décrivent sur 3 200 pages 5 200 cépages du monde entier. Des planches en
couleurs permettent d’identifier visuellement les 500 principaux. La marsanne fait partie du lot. L’ouvrage a
été réédité à l'identique à la demande des professionnels en 1991. On peut y lire, page 76 du tome II, la
description de la marsanne, et notamment : " elle est vraisemblablement originaire de Marsanne, chef-lieu de
canton de l'arrondissement de Montélimar...".
- dernier indice plus récent : dans le guide bleu "vallée du Rhône Cévennes" de 1923, on peut lire page 168
la découverte "de bons vignobles, cru de Château Marsanne".
En tous les cas, ce qui est confirmé par tous les professionnels, c'est que la marsanne a fait depuis quelques
années de très grands progrès sur le plan de la qualité et du goût. Et, du coup, les viticulteurs ne sont plus
obligés de la mélanger à d'autres cépages, comme la roussanne.
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°35 Page | 22

