Page 745 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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Alexis  Philippe  et  de  sa  femme  Marie  Félicie,  ni  de  leur  fille  Marie-Louise  Esther,  ni  de  la  sœur  Marie
        Elisabeth "Victorine".

        Ces  faits  établis  assez  rapidement  grâce  aux  documents  disponibles  (registres  d'état-civil,  cadastre,
        recensements, etc.), comment faire le lien avec la Moldavie, et d'abord, où est partie la famille ?

        Une piste se révèle avec la mention marginale de l'acte de naissance de "Victorine" indiquant un mariage, le
        8  janvier  1908,  à  Bizerte  (Tunisie),  avec  Casimir  Rémy  Bastian.  Une  copie  de  l'acte  est  obligeamment
        fournie par le Ministère des Affaires Etrangères. Le fil est renoué !

        Le texte révèle qu'il s'agit d'un remariage. Victorine s'est mariée une première fois en Algérie, à Robertville,
        où  sa  famille  s'est  effectivement  installée  en  quittant  la  Drôme.  S'agissant  d'un  département  français,  ils
        n'avaient nul besoin de visa ou de passeport pour traverser la Méditerranée, d'où l'absence de demandes de
        documents dans les archives départementales. Pas de trace non plus dans celles de la Chambre de Commerce
        et d'Industrie de Marseille qui ne possède plus les listes de passagers en partance.

        Le père, Alexis, devenu propriétaire, assiste à la première union de sa fille, le 22 avril 1880, avec Gaspard
        Eb, cultivateur, né le 18 mai 1839 à Rohrbach-lès-Bitche, en Moselle, peu avant que sa famille ne s'installe à
        Robertville. Il n'y aura pas d'enfants et Gaspard décède le 10 août 1905.

        Dans le foyer de Pierre Alexis Philippe, un garçon, Paul Alexis, naît le 23 juillet 1881, mais disparaît le 2
        octobre. Il semblerait que le départ vers la Moldavie du couple avec la seule enfant survivante, Marie-Louise
        Esther, se soit produit entre 1882 et 1890.

        Quant  à  Casimir  Rémy  Bastian,  un  négociant  originaire  de  Roynac  (Drôme),  il  semble  s'être  établi  à
        Constantine vers 1890 avant de croiser la route de Victorine Terras. Leur destin reste à découvrir.

        En 1908, le patriarche Alexis semble toujours de ce monde, mais son domicile est inconnu. A-t-il suivi son
        fils ? Mystère encore.

                                                               Lorsque la famille a quitté Marsanne, le phylloxera
                                                               était  bien  présent  sur  le  territoire  méridional  et  le
                                                               sort des vignes était scellé. Peut-être n'y avait-il plus
                                                               assez de terres pour nourrir profitablement les deux
                                                               familles d'Alexis et Simon Régis.
                                                               L'Algérie  avait  déjà  été  la  destination  de  deux
                                                               mouvements d'émigration, en 1848, puis à partir de
                                                               1870 où l'Etat a souhaité favoriser, entre autres, les
                                                               émigrés alsaciens-lorrains.
                                                               Une nouvelle formule du régime de concession est
                                                               mise  en  place:  attribution  gratuite  de  lots  sous
                                                               réserve  d'une  durée  de  résidence  de  quatre  à  cinq
        ans, et vente annuelle de lots publics. La perspective de pouvoir s'installer et reprendre la culture de la vigne
        a dû séduire les postulants marsannais.

        La région de Robertville (aujourd'hui Emjez Edchich), entre Philippeville (aujourd'hui Skikda) et Constantine
        avait été défrichée par les premiers colons de 1848, au prix de lourdes pertes humaines dues au paludisme et
        au choléra. Des 200 pionniers, seuls 15 foyers avaient survécu à ces épreuves et les nouveaux arrivants des
        années 1870 ne pouvaient être que bienvenus. La viticulture était déjà développée et elle fut massivement
        encouragée à partir de 1878 pour pallier la disparition du vignoble français ravagé par le phylloxéra. Une
        opportunité que n'a pas laissé passer Alexis Terras.



        Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°35                                                         Page | 16
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