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Magdeleine épouse un marchand forain. Cependant, contrairement aux parents de Jacques, ils disposent
d'un domicile fixe, puisqu'en 1872, ils sont tous recensés dans le même immeuble du quartier Saint-
Lazare de Montélimar.
Le mariage de Jacques et de Marie-Augustine est célébré dans cette ville le 15 avril 1893. Jacques
se dit marchand forain et son épouse, ouvrière en chapeaux. A cette époque, la chapellerie était une
industrie très importante à Montélimar où elle employait plusieurs centaines d'ouvriers et ouvrières. Le
père de Marie-Augustine est présent, mais l'acte précise «… après avoir fait sous serment la déclaration
qu'il ignore le lieu du décès et du dernier domicile (de son épouse Françoise Amiel) déclaration qui a été
affirmée également par le père et les quatre témoins soussignés conformément à l'avis du conseil d'état du
quatre thermidor an treize…».
Le couple a cinq enfants : Antoinette, née en 1895 est ouvrière cartonnière en 1911, Louis, âgé
alors de 14 ans est journalier, François, Henri et Elise, respectivement âgés de 12, 10 et 8 ans sont encore
écoliers à cette date.
Jacques Bonfy se déclare journalier en 1901, puis, au fil des années, réparateur de parapluies,
marchand forain en 1914, année où sa fille Antoinette décède à la maison de l'hospice au 136 Grande Rue,
puis enfin raccommodeur de faïences et porcelaine. Toujours domicilié à Montélimar, le couple habite
d'abord rue du Chemin neuf dans la « maison Vidal », puis 10 rue Prunière et, enfin au 3 rue Juiverie.
Classé de nouveau « bon pour le service » par le conseil de révision en 1914, Jacques est rappelé
sous les drapeaux le 15 avril 1915, non sans avoir quelques semaines auparavant écopé d'une amende de
16 francs pour « s'être servi à l'égard de l'adjudant de garnison Vignon d'un répertoire qui n'a cours ni
dans le code de civilité puérile et honnête ni dans le code pénal ».
Dès le 4 mai 1915, il est réformé pour « bronchite et insuffisance mitrale ». Revenu dans son foyer
rue Juiverie, il y décède le 10 octobre 1915, très certainement des suites de cette maladie. Marie-
Augustine et ses enfants s'installent alors à Lyon, 110 rue Boileau, dans le quartier des Brotteaux, où elle
travaille toujours comme ouvrière en chapeaux.
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Son fils aîné Louis est incorporé au 140 régiment d'infanterie le 7 août 1916, près d'un an avant
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son 20 anniversaire. Il part aux armées en janvier 1917. Nommé caporal en octobre 1918, il est cité à
l'ordre de la brigade et décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze : « Tireur d'élite, le 21 octobre
1918 a pris à partie des groupes d'ennemis et a contrebattu efficacement deux mitrailleuses, interdisant le
passage d'une rivière… du 25 au 29 octobre, a permis de conserver une position nouvellement conquise
n'hésitant pas à se porter en avant de la ligne de tirailleurs pour en assurer le flanquement ».
Alors que Louis s'illustre sur le front fin octobre, sa mère Marie Augustine meurt trois jours plus
tard, le 24 octobre 1918 à l'âge de 47 ans. A sa démobilisation en 1919, Louis rejoint sa famille à Lyon ; il
exerce le métier de polisseur et nickeleur. C'est là qu'il se marie le 29 novembre 1919 avec Sydonie
Chabanis, native d'Aubenas. Elle est dévideuse : dans le tissage de la soie, ce métier consiste à positionner
les écheveaux sur les bobinoirs afin de former des bobines de fil.
Le couple aura sept enfants. En 1933, il recevra d'ailleurs la médaille de bronze de la famille
française. Dans un parcours professionnel plutôt erratique, on retrouve Louis à Ucel en 1920, à Aubenas,
la ville de naissance de son épouse en 1921, de nouveau à Lyon en 1922, avant son retour à Montélimar, 4
place des Clercs en 1923. Sa santé se détériore et la commission de réforme de Valence de janvier 1924
lui reconnaît une invalidité de 10% pour « obscurité respiratoire du poumon droit et état général
insuffisant ». Le 16 mars 1935, il est dégagé de toute obligation militaire comme père de 6 enfants. Il
décède quelques mois après à Montélimar, le 26 décembre 1935 à l'âge de 38 ans.
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