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HENRI OCHOSIAS
« L'an mille huit cent dix sept, le 11 du mois de septembre à quatre heures du soir… .est comparu
le sieur Pierre Dufard employé à l'hospice général de cette ville, lequel a déclaré que aujourd'hui à
quatre heures du matin, étant seul, il a trouvé sur une des marches de l'escalier qui est près de la porte
d'entrée du dit hospice, un enfant tel qu'il nous le présente ayant pour vêtement quatre drapeaux de toile
neuve, trois maillots, deux de coton et un de laine, une bande toile et trois coiffes d'indienne, après avoir
porté l'enfant, avoir reconnu qu'il était de sexe masculin, qu'il paraissait âgé d'un jour, qu'il n'avait
aucune marque sur le corps et nous avons trouvé dans les vêtements un billet portant ces mots « donnez-
lui le nom de Henri et ayez-en soin 10 septembre » de suite avons inscrit l'enfant sous les noms et
prénoms d'Ochosias Henri, et avons ordonné qu'il fût remis à l'hospice général de cette ville…».
Ainsi débute à Romans l'existence d'Henri Ochosias, né de père et de mère inconnus. Il va nous
mener sur trois générations jusqu'au prieuré Saint-Félix.
Rare en France, le patronyme d'« Ochosias », a une origine très particulière.
Ainsi, en explorant les actes de naissances, on note, par exemple, qu'en 1830, «… aux alentours
du 20 octobre... », Honorine Ochosias, naît à Saint-Amand (Saint-Amand-Monrond dans le Cher), elle
aussi de père et mère inconnus. L'acte de naissance précise : « … Marie Presle, domestique, âgée de
trente huit ans, demeurant à Saint-Amand, à l'hospice, lequel nous a déclaré qu'hier, à huit heures du soir,
a été exposé au dit hospice un enfant emmailloté d'une bourrasse de barrage, d'une brassière blanche,
ayant sur la tête un petit bonnet vert, lesquels effets nous ayant été représentés par le dit Presle, auquel
nous les avons laissés pour être remis avec le dit enfant à messieurs les administrateurs de l'hospice, et
après l'avoir visité, avons reconnu qu'il était de sexe féminin, qu'il paraissait âgé de huit jours, n'avons
trouvé aucune marque distinctive dans les vêtements nous l'avons de suite inscrite sous les noms et
prénoms de Ochosias Honorine…».
De même, en 1841, le 17 août, naît un autre Henri Ochosias, à Angers cette fois, lui aussi de père
et mère inconnus : « … est comparue Renée Huet, sage-femme... laquelle nous a déclaré avoir accouché
en son domicile à un quart-d'heure, une femme à elle inconnue, d'un enfant du sexe masculin qu'elle nous
a présenté et auquel elle a déclaré donner les prénoms d'Henri et le nom d'Ochosias et qui de suite sera
porté au dépôt des enfants abandonnés, sis à l'hospice général de cette ville…».
On pourrait multiplier les exemples. Des noms tirés de la Bible sont fréquemment donnés aux
enfants abandonnés (Ochosias est le nom d'un roi de Judée). L'acte de naissance qui précède celui
d'Honorine est d'ailleurs celui d'un enfant, lui aussi exposé à l'hospice, auquel on donne le nom d'Osias
autre roi de Judée. Si l'on sait qu'Honorine décède à l'âge de 16 mois, on perd ensuite la trace du garçon
né à Angers.
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