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Revenons à « notre » Henri Ochosias. On ne connaît rien de ses premières années ; sans doute a-t-
il été confié à une nourrice, puis accueilli dans une famille résidant près de Romans. On retrouve pour la
première fois sa trace en 1843 alors qu'il est « marchand colporteur ». Il a rencontré, peut-être à l'occasion
de l'une de ses tournées, une veuve domiciliée à Romans et native de Pont-Saint-Esprit, Marie Rose
Bourret, de 14 ans son aînée, avec laquelle il a en mars de cette année un enfant prénommé Henri comme
son père. Afin d'éviter les confusions, on l'appellera dans la suite Henri « fils ».
Henri et Marie-Rose se marient le 12 août 1844 à Romans et la famille s'installe à Pont-Saint-
Esprit. Au décès de sa femme, en 1865, Henri est entrepreneur, et même convoyeur en 1869 année où,
suite à une faillite, ses biens font l'objet d'une saisie immobilière. L'adjudication a lieu le 14 juin à
l'audience du tribunal d'Uzès ; il s'agit d'une maison avec cour et puits ainsi que de 2 hectares de terre. En
dépit de cette faillite, l'ensemble de ces biens témoigne indiscutablement d'un bel esprit d'entreprise pour
un enfant trouvé dont l'enfance et l'adolescence ont sans doute été très difficiles.
Henri « fils » se marie à Pont-Saint-Esprit le 14 juillet 1868 avec une jeune fille native de cette
ville, Emilie Augier, âgée de 21 ans. Les deux époux se déclarent sans profession. Enregistré, par erreur, à
l'état civil sous le nom d' « Osias », Henri « fils » fait à cette occasion une demande de rectification auprès
du tribunal civil d'Uzès. Le couple habite Pont-Saint-Esprit, 1 quai du drapeau tricolore (il sera rebaptisé
quai Bonnefoy-Sibour en 1901 du nom du maire qui l'a fait construire en 1833).
Henri « fils », marinier en 1869, se dit ensuite négociant ou revendeur. Cinq enfants naîtront de
cette union : Madeleine Augustine en 1869 (décède à l'âge de seize mois), Henri Eugène en 1871, Elisa en
1874, Louise Henriette en 1875 et Pauline en 1883.
Dès 1886, Henri « fils » s'établit poissonnier, place du Marché à Montélimar où il habite avec sa
famille. On les y retrouve dans le recensement de 1891. Son fils aîné, Henri Eugène, d'abord vannier, est
dit batelier sur sa fiche matricule ; il est versé dans les services auxiliaires de l'armée pour cause
d'hypermétropie. En 1892, Henri « fils » est déclaré en faillite comme son père 23 ans plus tôt.
Après la faillite, la famille s'installe à Grenoble, 6 place Sainte-Claire où Henri « fils » s'établit
marchand de comestibles. Son commerce semble plutôt florissant puisque, dans le recensement de 1906,
le couple a un domestique et héberge un pensionnaire. Henri « fils » et sa femme Emilie ont alors
respectivement 62 et 56 ans. On perd ensuite leurs traces ainsi que celles de leurs filles Elisa et Louise.
Le fils aîné Henri Eugène qui a suivi sa famille à Grenoble, travaille avec son père comme sa sœur
Pauline. D'abord domicilié place Sainte-Claire avec ses parents, il habite ensuite Avenue de la gare. Il
décède le 3 avril 1899 à l'âge de 28 ans alors qu'il est toujours célibataire.
Qui de Henri « fils », ou Henri Eugène, a tracé son nom dans la chapelle du prieuré lorsqu'ils
e
résidaient à Montélimar à la fin du XIX siècle ? On ne le saura sans doute jamais !
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°38 Page | 9

