Page 875 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
P. 875

Jacques Bonfy
















                 Seules  les  lettres  « Bon »  sont  encore  lisibles  ainsi  que  les  mots  « classe  1889 »  et  «…
          Montélimar ». On est donc certain qu'il s'agit bien « du Jacques Bonfy » dont il est question ci-dessous
          car c'est le seul nom compatible avec la liste des appelés de la classe 1889 du bureau de recrutement de
          Montélimar.

                 Jacques  Bonfy  est  né  « par  hasard »  le  5  juillet  1869  à  Mirambeau,  commune  de  Charente-
          Inférieure (Charente-Maritime aujourd'hui). Son père Antoine, marchand ambulant et sa mère Françoise,
          marchande mercière, sont, en effet, « de passage » dans cette ville. L'acte précise qu'il est « ….né...dans le
          domicile de Madame Cotreau accoucheuse au lieu de la ville, en cette commune.... ». Ses parents n'ayant
          pas de domicile fixe, il est difficile de savoir comment se sont déroulées les premières années de la vie de
          Jacques.

                 On le retrouve lors du recrutement de sa classe à Montélimar en 1889. Il est alors marchand forain
          comme son père. Si la mention de son degré d'instruction figurant sur le registre matricule peut laisser
          penser qu'il est illettré, la trace qu'il a laissée à Saint-Félix semble prouver le contraire.

                 La durée du service militaire dépend alors du résultat d'un tirage au sort qui a lieu en février de
          l'année qui suit le recrutement (de 3 ans pour les petits numéros à 1 an pour les plus grands). A ce sujet,
                                                                 er
          on peut citer l'article du Journal de Montélimar daté du 1  février 1890 et qui donne la liste des numéros
          tirés par chacun des conscrits concernés, dont Jacques Bonfy : « Quelques-uns se demandent : Pourquoi
          cette formalité du tirage au sort puisque tout le monde doit passer sous le niveau du service militaire ?
          Chaque année, après les opérations de recrutement, le ministre de la Guerre fixe, sur la liste du tirage au
          sort de chaque canton et proportionnellement au nombre de conscrits, en commençant par les numéros
          les plus élevés, le nombre d'hommes qui seront  renvoyés dans leur foyers, en disponibilité, après leur
          première année de service… On voit donc qu'il existe encore des bons et des mauvais numéros. Le plus
          fort numéro, 141, est échu à un conscrit de la Touche, Mézant (Romain). C'est un habitant de Montélimar
          – et déjà marié – Eyzac (Auguste) qui a eu la malchance de tirer le numéro 1 ». Cette procédure du tirage
          au sort sera supprimée avec la nouvelle loi de 1905.

                 Jacques tire le numéro 13, un « mauvais » numéro qui l'oblige à effectuer 3 ans de service. En
                                             e
          novembre  1890,  il  est  affecté  au  7   régiment  d'infanterie,  mais,  alors  qu'il  avait  été  reconnu  dans  un
          premier temps « bon pour le service », il est réformé en février 1891 pour péricardite par la commission
          spéciale de réforme de Romans.

                 Dans  la  famille  de  sa  future  épouse  Marie-Augustine  Barbarin,  les  parents  et  le  frère  sont
          marchands forains, les grands-parents marchands colporteurs et marchands bimbelotiers et la sœur


          Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°38                                                                                                                                             Page | 10
   870   871   872   873   874   875   876   877   878   879   880