Page 767 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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Le  premier  groupe  effectue  un  aller-retour  vers  Pondichéry,  sans  incident,  au  cours  de  1757.  Le  second
        groupe  avec  le  navire  amiral  Zodiaque,  et  le  chef  d'escadre  à  son  bord,  s'élance  le  3  mai  1757,  passe
        Madagascar en juillet, rejoint péniblement l'Ile Maurice (Ile de France) en décembre et n'arrive en vue de
        Pondichéry qu'au printemps de 1758.

        Le 29 avril, le comte d'Aché engage l'escadre anglaise de Sir George Pocock au large de Gondelour, près de
        Pondichéry. Il a un faible avantage en puissance de feu, mais ne dispose que d'un seul bâtiment de guerre, le
        Zodiaque  et  ses  74  canons,  les  huit  autres  vaisseaux  étant  à  la  Compagnie  et  peu  entraînés  pour
        l'affrontement. Néanmoins, d'Aché prend l'avantage, et finit par rejoindre la côte. Ce jour-là on compte 43
        tués  et  39  blessés  dont  d'Aché  lui-même  et  Joseph  Constantin.  Nouvelle  bataille,  le  3  août,  au  large  du
        comptoir de Karikal. L'issue est indécise, mais le Zodiaque tire encore son épingle du jeu malgré 32 tués et
        162 blessés. D'Aché, encore blessé, réussit à regagner Port-Louis en décembre.
        Notre marin est-il resté à bord, a-t-il été débarqué à Pondichéry ? La note dit simplement qu'il "a été tué dans
        l'Inde commandant une  frégate".  Là, nous pouvons peut-être  compléter  l'histoire  grâce  au bel ex-voto de
        Marsanne.
        La flotte française poursuit ses opérations et une ultime bataille est déclenchée le 10 septembre de 1759, au
        large  de  Pondichéry.  En  dépit  de  sa  supériorité  numérique  et  de  sa  puissance  de  feu,  des  maladresses
        tactiques transforment une situation favorable en piteuse défaite. L'escadre repart pour l'Ile Maurice.
        Coup  de  grâce,  les  27  et  28  janvier  1760,  un  cyclone  précipite  32  bâtiments  à  la  côte.  Le  Zodiaque  est
        endommagé. D'Aché laisse son commandement et rentre en France.

        La frégate Thétis sur laquelle avait embarqué Joseph Constantin avait-elle rejoint la flotte ? Lancée en 1750
        en même temps que la Topaze et l'Héroïne, elle était armée de 30 canons et fut rayée des rôles en 1777. Et il
        fallait autre chose qu'une simple tempête pour que le lieutenant de vaisseau, sauvé du naufrage, apporte la
        fragile réplique de son navire jusqu'à la petite chapelle de la Vierge. C'est ce qu'il a dû faire lors de son
        passage en 1766, cinq ans avant sa mort dans les Indes, vers 1772, d'après les notes de M. de Montluisant,
        car il était d'usage qu'un rescapé présente lui-même son ex voto. Avait-il ensuite rembarqué sur la Thétis, ou
        une autre frégate ?

















        D'après  les  documents  vérifiés  par  l'abbé  Fillet  pour  sa  brochure  sur  le  Sanctuaire  de  N-D  de  Fresneau,
        Joseph Constantin avait pris soin de faire un testament, si bien que, "le 22 mai 1772, le chevalier Joseph
        Gaspard de Blaïn du Poët, chevalier de Malte (son frère) remettait à Coste, consul de Marsanne, la somme
        de 1 200 livres, dont 721 en argent et 479 en billets. Cette somme [...] léguée à la chapelle du Bon-Secours,
        [...] devait être employée aux besoins de la chapelle selon l'avis des curé, vicaire, châtelain et consul.




        Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°35                                                         Page | 38
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