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PIERRE JOSEPH CONSTANTIN FIDELE DE MARCEL DE BLAŸN DU POËT
Lieutenant des vaisseaux du Roy
La famille de Marcel de Blaïn du Poët solidement enracinée dans la terre drômoise, alliée à diverses familles
du Dauphiné et de Provence, a souvent payé le prix du sang au service du Roi. Face au grand vitrail du
sanctuaire de Notre-Dame de Fresneau qui campe un fier marin empanaché, tenant ostensiblement en ses
mains la petite chapelle de Notre-Dame du Bonsecours, comment retracer l'improbable destin de ce jeune
homme bien loin de son pays natal.
Fils de Joseph François de Marcel de Blaïn du Poët et de Louise de Tertulle La Baume Pluvinel, seigneurs
du Poët-Célard, le jeune Pierre Joseph Constantin Fidèle naît d'une grande fratrie d'une dizaine d'enfants.
Tous sont baptisés dans la chapelle du château Saint-André où la famille réside, sauf lui, d'après les registres
de la paroisse de Truinas dont le curé dessert la famille. Louise de Tertulle a donné régulièrement à son
époux un enfant par an depuis leur mariage en 1713. Comme le dernier baptême noté date de 1723, il est
probable que le futur marin soit né après.
La plaque évoquant son souvenir dans la petite chapelle de Fresneau note sa naissance à La Bâtie-Rolland,
mais le déficit de registre pour la période 1715-1725 nous prive d'une confirmation. Le couple aurait-il
changé de résidence? Seul indice de sa présence : Marie Anne Jeanne, leur fille aînée, est marraine à La
Bâtie-Rolland en 1727.
La prochaine étape connue est l'admission dans l'ordre des Chevaliers de Malte, en 1748. Très présent en
Provence, l'ordre hospitalier des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, puis de Malte, permet aux familles
nobles de placer avantageusement leurs cadets dans un cadre prometteur. Les lois successorales favorisant
automatiquement les aînés, les espoirs de revenus assurés sont bien maigres pour les jeunes célibataires. La
réception se fait, soit dès la naissance, soit vers l'âge de 16 ans révolus, moyennant un "droit de passage"
plus ou moins élevé de quelques milliers de livres qui pèse tout de même sur les finances familiales.
Ordre à la foi religieux et militaire, les Chevaliers de Malte disposent d'une flotte de guerre qui assure la
police des mers en Méditerranée. C'est à bord de leurs bâtiments que les jeunes nobles provençaux se
forment aux métiers de la marine, avec la possibilité de poursuivre leur carrière sur les navires de la Marine
Royale.
Joseph Constantin et ses frères ont tous été reçus, mais lui seul paraît avoir embrassé définitivement le
métier. On ne saura rien de plus sur son parcours jusqu'à cette petite note du généalogiste Jean-François
Louis d'Hozier dans son ouvrage intitulé " L'impôt du sang, ou La noblesse de France sur les champs de
bataille", véritable inventaire des nobles victimes des guerres royales.
On y lit que Joseph Constantin, devenu lieutenant
de vaisseau, a participé à un célèbre combat naval
contre les Anglais, dans l'Océan Indien, en 1758.
La France de Louis XV se trouve engagée dans la
désastreuse Guerre de Sept Ans. En 1756, le comte
d'Aché, nommé chef d'escadre, prend le
commandement d'une expédition afin de mener en
Inde le nouveau gouverneur Lally comte de
Tollendal, et surtout de fournir des renforts aux
comptoirs français menacés par les Anglais, en
position dominante dans cette région. Afin
d'échapper aux ennemis, on scinde la flotte en trois
groupes successifs qui voguent de concert avec des
bâtiments de la Compagnie des Indes en renfort.
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