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LES FOURS A PAIN
Un peu d'histoire (texte extrait de l'Almanach Dauphinois 2012)
Du banal au communal
"De nos jours encore, le four à pain est souvent appelé "four banal", l'expression est un vestige de
l'époque seigneuriale. Sous l'ancien régime, les paysans ont obligation d'utiliser le four
communautaire qui est la propriété du seigneur (comme le pressoir et le moulin). Ils doivent
payer une redevance, ou "banalité", le plus souvent en nature ; en contrepartie, le seigneur a la
charge de l'entretien de l'édifice et du chemin y menant. Le four est le plus souvent affermé à des
boulangers appelés "fourniers", chargés de la cuisson. Ce privilège seigneurial est aboli sous la
Révolution française (en 1793 précisément), mais l'expression lui survivra. La disparition du
monopole ne met cependant pas fin à la pratique collective de la cuisson du pain. Une utilisation
en commun présente en effet bien des avantages : on utilise moins de bois et les coûts d'entretien
sont partagés.
Le four banal devient donc "communal". Son utilisation est ouverte à tous, sous respect d'une
réglementation édictée par la municipalité. Parallèlement, se multiplie au cours du XIXe siècle la
construction de fours privés.
A l'intérieur d'un hameau ou d'un quartier, les familles se regroupent pour construire un édifice à
frais communs qui leur appartient en indivision. Ce siècle verra aussi apparaître les fours
individuels : dans ce cas, le paysan fait seul son pain en famille.
L'emplacement des fours peut varier selon les régions : soit à l'écart du corps de ferme, soit dans
une dépendance du corps de ferme, soit à l'intérieur même de l'habitation.
La construction
Les fours communautaires sont construits autant que faire se peut à l'écart des habitations, afin de
se prémunir des risques d'incendies, et, si possible, à un emplacement à l'abri du vent. La
diversité de leur forme et leur dimension est aussi grande que leur nombre. Ces modestes édifices
rectangulaires peuvent être soit 'ouverts', simplement protégés par une toiture avec un petit
auvent, soit sous la forme d'un bâtiment 'fermé'. A l'origine, les matériaux utilisés sont des pierres
du pays, molasse ou grès. La molasse était prisée pour la voûte et la sole (surface de cuisson), car
elle durcit au contact du feu. Ce n'est qu'à partir des années 1920 qu'apparaîtront les briques
réfractaires qui réduiront le temps de cuisson. Le toit est en ardoises, tuiles ou lauzes, les murs en
maçonnerie épaisse pour une bonne isolation thermique."
ère
Les anciens fours de Marsanne (1 Partie)
Le texte ci-dessus m'a permis de "comprendre" les fours de la commune : ce sont tous des fours
particuliers, cela je pense peut s'expliquer par les grandes familles de l'époque, et surtout par la
disponibilité du bois, entre autre, provenant de la forêt communale de Marsanne (1 064 ha), ce
qui n'était pas le cas dans d'autres régions.
Les fours ont été utilisés couramment jusqu'à la fin de la Seconde guerre Mondiale, petit à petit
leur utilisation a cessé, et ils sont retombés dans l'oubli, sauf pour quelques-uns, rallumés encore
pour perpétuer la tradition à l'occasion de fêtes de famille.
A ce jour, j'ai pu voir, sur 38 maisons recensées, 13 fours encore existants, certains en bon état,
d'autres un peu moins, mais tous ont un intérêt.
Ci-dessous, le descriptif de ces 13 premiers fours

