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UN PORTRAIT « RETROUVE » DE
CHARLES LAURENT JOSEPH DE MONTLUISANT
Charles Laurent Joseph de Montluisant occupe-t-il déjà en 1842 une place privilégiée dans la bourgeoisie
marseillaise pour qu'un peintre qui commence à être célèbre, Emile Loubon (1809-1863) fasse son portrait ? Ce
tableau qui pose question se trouve actuellement dans un couloir de la Chambre de Commerce et d'Industrie
Marseille- Provence, au sein du Palais de la Bourse inauguré par Napoléon III en 1860, au bas de la Canebière.
Achetée en 1992 à M. Guésin, l'œuvre était sur les murs du Musée de la Marine et de l'Economie de
Marseille, au rez-de-chaussée de ce Palais. Depuis 2018, le musée est fermé, et la Ville n'a plus de lieu de référence
de cette économie !
Après les étapes d'une carrière active entre Toulon et Alger qui ont été présentées dans le chapitre Veyrenc-
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Montluisant de l'ouvrage « Marsanne au XIX siècle »(1), l'ingénieur en chef de première classe arrive à Marseille le l er
janvier 1836 en tant que directeur des Ponts et Chaussées. Il a 53 ans et remplace Hyacinte Garella (1775-1852) en
poste depuis 1815, mais son service ne pèse pas lourd dans ce département.
« Au cours des années 1830-1850, la vitalité de Marseille s'affirme. L'essor se poursuit, mais à travers des
structures anciennes qui apparaissent de plus en plus inadaptées, qu'il s'agisse de l'outil portuaire, de la législation
douanière ou du système des quarantaines » (2) C’est le port (maintenant le Vieux Port) qui représente un obstacle
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imposant. Il n'a pas évolué de manière sensible depuis les derniers aménagements du XVIII siècle.
Le plan d'eau de 28 hectares, insuffisant en 1789, est arrivé à saturation : sur 2 500 mètres de quais, 900
mètres seulement peuvent être utilisés, d'où impossibilité d'accoster, difficultés de chargement et de déchargement,
portage humain uniquement, entrepôts inadaptés. Des aménagements ont été réalisés, mais ils se sont révélés
insuffisants. Plusieurs projet sont été déposés et discutés, mais les travaux et les coûts sont fantaisistes.
Le 31 décembre 1831, la Chambre de Commerce de Marseille lance un concours « sur les moyens à
envisager pour sortir du port par « les vents contraires » : en ces temps de navigation à voile, lorsque le mistral
souffle, aucun navire n'en sort sauf à se touer (se haler sur un cordage) dangereusement en profitant d’une accalmie. »
De nouveaux projets voient le jour, mais il y a urgence. L'extension n'est possible qu'en construisant des installations
portuaires soit vers le Nord, à partir de la Joliette, soit vers le Sud, aux Catalans, côte d'Endoume et plages du
Prado.
En 1837, le service maritime des Ponts et Chaussées du Département que dirige désormais de Montluisant
arrête un grand programme de travaux qui comporte l'approfondissement du tirant d'eau du Vieux-Port, l'amélioration,
la reconstruction et l'élargissement des quais et un canal débouchant dans la calanque de la Fausse-Monnaie, en bas
de ce qui n'est pas encore la Corniche, qui ne sera pas réalisé (Rappelons qu'une première partie des travaux de cette
promenade a été lancée dans le cadre des ateliers nationaux en 1848). La loi du 9 août 1839 concrétise le programme
qui est exécuté jusqu'en 1849… mais ces travaux ne sont pas suffisants.
« Quelques jours après sa promulgation, la Chambre de Commerce prie de Monluisant de lui fournir un
projet de port auxiliaire qui doit servir à la fois de cabotage pour les vapeurs et être de « la plus grande étendue
possible ». Les Ponts et Chaussées à qui elle confie le projet contrôleront cette phase d’études qui aboutit à la fin 1842
au projet du port de la Joliette, consacré par la loi du 5 août 1844. En février 1840, de Monluisant et son adjoint
Toussaint produisent pourtant un avant-projet, surtout diplomatique, ménageant le sud et le nord... » (3) « Chacun de
ces deux sites avait ses partisans et les affrontements furent vifs, car les esprits avaient bien conscience que la
réalisation simultanée de deux ports, même auxiliaires, ne pourrait pas être retenue par les pouvoirs publics…
L’administration portuaire et la Chambre de Commerce se prononcèrent sans aucune ambiguïté en faveur de
l'extension vers le Nord, compte-tenu des aléas de la solution des ports Sud. Entre les deux formules ce ne fut pas
sans querelle, et il fallut toute l'autorité de l'ingénieur directeur des Ponts et Chaussées de Monluisant (le titre
d'ingénieur en chef n'était pas encore en vigueur) soutenu par la Chambre de Commerce, pour faire pencher la
balance en faveur de l'extension portuaire vers le Nord » (4)
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°38 Page | 27

