Page 704 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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avec son mari, ses filles et son fils. En marge de son courrier, la directrice a noté le tarif de 600 fr
              pour un mois pour les 5 personnes.

              Mais cette solution n'est pas toujours appréciée : "(...) Nous tenons beaucoup à la vue, mais nous
              refusons un appartement dans l'annexe pour éviter de sortir par tous les temps pour prendre nos
              repas.  Je  ne  suis  pas  jeune  et  j'ai  besoin  de  précautions.",  dit  Mme  Renaudin,  pensionnaire  de
              Marseille.
              Les desiderata des futurs hôtes sont parfois surprenants. Ainsi Mme de Balestrier souhaite réserver
              une  chambre  au  rez-de-chaussée,  et  précise  :  "(...)  j'aimerais  n'avoir  aucuns  rideaux  dans  ma
              chambre, ni au lit, ni à la fenêtre."
              Et puis, n'oublions pas les problèmes de régime, souvent délicats, parfois liés à ceux des tarifs.

              Le 10 juillet, la même Mme de Balestrier précise : " (...) J'ai vu dans le prospectus (...) que le service
              du  petit  déjeuner  dans  la  chambre  était  l'objet  d'une  rétribution  particulière.  Vu  mon  régime
              restreint du soir sans viande ni vin, le vin à aucun repas d'ailleurs, je compte bien qu'au prix de 5 fr
              par jour seront compris le service du petit déjeuner dans ma chambre et un bol de lait de nuit."
              Mme  Fournier,  s'annonce,  comme  prévu,  pour  le  13  août  et  "(...)  je  compte  sur  votre  extrême
              obligeance  pour  faire  préparer  pour  ma  grand'mère  un  bouillon  de  légumes  (poreaux,  carottes,
              laitues)."
              Mme  Girard,  de  Saint-Brieuc,  s'enquiert  des  occupations  proposées  pendant  le  séjour  et  pour  "la
              cuisine, donner un aperçu des repas et me dire si l'on fait la cuisine à l'huile",..souci compréhensible
              d'une bretonne confrontée à l'univers méridional !
              Enfin,  plusieurs  personnes  pieuses  s'informent  sur  les  services  religieux  proposés  sur  place.  Au
              quotidien, la Villa du Sacré-Cœur dispose de sa propre chapelle, mais il y a aussi le grand Sanctuaire
              voisin et, pour les plus alertes, l'église paroissiale du village. Des offices sont dits régulièrement et
              des retraites organisées ponctuellement, en particulier au moment du pèlerinage.

              La lettre d'une personne responsable du diocèse de Valence adressée à Mme Fortoul en 1910 nous
              apprend, par exemple, que la rémunération d'un prédicateur pour une courte retraite spirituelle dans
              les établissements religieux ou "aux dames de la ville", varie entre 100 et 150 fr, plus les frais de
              déplacement.
              La réputation de Fresneau encourage aussi Mlle Couppa, directrice du patronage de la cathédrale de
              Marseille,  à  y  organiser  un  séjour  de  15  jours  pour  une  vingtaine  de  leurs  jeunes  filles  les  plus
              méritantes,  au  mois  de  juillet  1913.  L'autre  option  serait  8  jours  à  Lourdes,  mais  "à  Lourdes  le
              voyage et le séjour sont beaucoup plus chers que partout ailleurs."
              Les questions de coût sont récurrentes dans tous les courriers, chacun tentant d'obtenir un petit rabais
              sur le tarif affiché. On propose ainsi de loger six personnes d'une même famille dans trois chambres
              à  deux  lits  ("quatre  jeunes  filles,  un  garçonnet  et  une  grand'maman"...merci  Prévert!)  pour
              économiser  l'espace,  et  deux  des  jeunes  filles  ne  boivent  pas  de  vin.  Cela  vaut  bien  une  petite
              réduction. Mlle Mouisset a sans doute fait un geste, car elle a noté en réponse "4 fr par jour et pour
              le petit garçon on traitera de gré à gré" !
              Outre les conditions de séjour, il restait à régler le moyen d'accès à la pension à partir de la gare de
              Montélimar.
              Il existait à l'époque un service régulier de courrier entre Marsanne et la ville voisine, mais aussi de
              "taxi" comme en témoigne le courrier de Mme Fournier du 27 juin : "(...) Je compte sur votre
              extrême obligeance pour que se trouve à la gare vers 4 h la voiture de Villeneuve qui me conduira
              Villa du Sacré Cœur."







              Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°34                                                                                                                                Page 19
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