Page 702 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
P. 702

FRESNEAU, ENTRE VILLEGIATURE ET HOPITAL MILITAIRE


              A la fin du XIXe siècle, le succès du pèlerinage à Notre-Dame de Fresneau remis à l'honneur sous
              l'impulsion  du  comte  Charles  Laurent  Joseph  de  Montluisant,  puis  de  son  fils  le  général  Charles
              Bernardin  Marie,  impose  rapidement  la  construction  d'un  édifice  capable  d'accueillir  les  foules
              toujours plus nombreuses au jour de la célébration du 8 septembre. C'est chose faite en 1860. Le
              grand sanctuaire prend le relai de la vénérable chapelle de Notre-Dame de Bonsecours dans le vallon
              boisé, au-dessus du village de Marsanne.

              L'activité croissante liée à la fréquentation du lieu par les pèlerins tout au long de l'année ne permet
              bientôt plus au curé de la paroisse d'en assumer seul la charge. En 1886, le service est  confié à
              l'abbé Antoine Benoît qui, devenu curé du village, poursuivra ses fonctions de chapelain.

              Pour les prêtres désirant effectuer un temps de retraite spirituelle dans le vallon accueillant, on érige
              un bâtiment à côté du grand sanctuaire, la "Villa Saint-Joseph". Dès 1890, deux chapelains, pères
              Oblats  du  Sacré-Cœur  de  Jésus  de  Saint-Quentin,  congrégation  récemment  fondée  par  le  père
              Dehon, viennent desservir la chapelle et assurer l'accueil des hommes. Pour les dames, ce sont des
              religieuses de la congrégation de l'Instruction de l'Enfant Jésus, du Puy-en-Velay, qui organisent le
              séjour dans un bâtiment voisin, la "Villa du Sacré Cœur".

              Les religieux devront quitter les lieux en 1908, au terme des procédures de la loi de séparation des
              Eglises et de l'Etat votée en 1905. Le père Pierre Félix Dupland, directeur des Oblats depuis 1895,
              quitte  la  commune  ainsi  que  les  soeurs  du  Puy.  Pour  éviter  la  saisie  du  lieu,  le  général  de
              Montluisant a, non seulement revendiqué en 1909 la propriété des terrains donnés à la fabrique par
              son père pour l'installation du grand sanctuaire,  mais il a racheté  en 1910 les bâtiments d'accueil
              laissés  vides  (en  1924,  la  famille  acquerra  de  la  Commune  le  reste  des  terrains  qui  constituent
              l'actuel domaine de Fresneau).

              Ayant  ainsi  assuré  la  pérennité  du  pèlerinage,  le  général  de  Montluisant  ranime  les  lieux  avec  la
              création d'une pension de villégiature d'une trentaine de chambres dans la Villa du Sacré Cœur. Il est
              largement secondé par sa sœur et son époux, Auguste Achille Henry de Laselve pour en financer le
              fonctionnement.  Quelques  courriers  et  factures  conservés  dans  les  archives  familiales  nous
              permettent de retracer la brève histoire de Fresneau et de ses occupants entre 1910 et 1918.

























              Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°34                                                                                                                                Page 17
   697   698   699   700   701   702   703   704   705   706   707