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UNE ECOLE MUTUELLE A MARSANNE AU XIXE SIECLE !
Les « Amis du Vieux Marsanne » ont eu la bonne idée de restituer sur un cartouche encore existant
au-dessus de la porte d’une maison du vieux village l’inscription disparue «Ecole Mutuelle »,
inscription qui avait été retrouvée sur un document ancien.
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Initiée en France au milieu du XVIII siècle grâce à M. Herbault qui l’introduisit dans une école de
plus de 300 élèves destinée aux enfants des pauvres à l’hospice de la Pitié, puis apparemment très
vite oubliée, cette méthode d’enseignement s’est développée en Angleterre sous l’impulsion de
l’Ecossais Andrew Bell, qui la découvrit lui-même en Inde, pour revenir sur le sol français vers
1815 et se répandre en réaction au développement de l’enseignement «simultané» des Frères des
Ecoles Chrétiennes, dans lequel tous les élèves devaient suivre le même enseignement et la même
progression sous la férule du maître.
En effet, vus les troubles du début du siècle, les idées nouvelles en matière d’enseignement issues
de la Révolution et des Lumières n’avaient guère pu s’épanouir. Le retour à la paix va permettre à
la nouvelle «Société pour l’instruction élémentaire» de se développer dans de nombreux
départements, mais elle va vite se heurter à une pénurie de maîtres. Dans l’école mutuelle, c’est
donc sous la direction d’un seul maître, que les moniteurs – élèves les plus avancés – enseignent
leur «spécialité» aux élèves de niveau inférieur. Il s’agit avant tout d’inculquer les bases de tout
enseignement ; lire, écrire et compter.
Toutefois, l’Eglise va réagir assez vite puisque dès 1824, Léon XII, pape particulièrement
conservateur, va condamner cette forme d’enseignement. Et «en 1833, François Guizot, ministre de
Louis-Philippe, veut une instruction primaire dirigée par l’Etat et centralisée» (Sylvie Jouan,
www.meirieu.com). Ce sera le développement des écoles normales d’instituteurs avec le triomphe
de l’enseignement simultané qui prévaut encore essentiellement aujourd’hui, mais en contrepartie…
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la mort lente de l’école mutuelle dès le milieu du XIX siècle.
A Marsanne, une plaque signalétique apposée sur le mur de la maison rappelle que c’est dans cette
école que le futur président de la République, Emile Loubet, a fait ses premières études dans les
années 1845 à 1850. L’inscription a été restituée par l’atelier Jouve et Malfatto d’Etoile et la plaque
signalétique a été réalisée par les ateliers du maître-verrier Thomas à Valence. La Société de
Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme et la municipalité de Marsanne ont contribué
chacune à hauteur de 500 euros et l’association des « Amis du Vieux Marsanne » a complété pour
un total de 1105,46 euros. Afin de pérenniser la présence de cette inscription, une convention a été
signée entre les propriétaires de la maison, l’association des Amis du Vieux Marsanne et la Société
de Sauvegarde.
Christian Duforets
Avant et après restauration
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°33 Page 8

