Page 724 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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Les outils étaient simples et solides, comme ces couteaux en acier fin fabriqués à Thiers, marqué du
              fameux  « 32  Dumas Ainé ».  Ils  étaient  redoutables,  affilés  avec  soin  sur  des  coticules  de  pierre
              calcaire,  jaunâtre,  que  l'on  faisait  venir  à  grand  frais  du.....  Japon... Autant  dire  que  le  boucher  y
              tenait comme à la prunelle de ses yeux....

              Il y avait de longs couteaux, pour les belles tranches, des petits, bien trapus, pour énerver, désosser
              mais le roi, celui que le boucher n'aurait prêté à personne, redoutable, que dis-je, terrible !, était un
              petit couteau dont la lame, amoindrie dans son épaisseur, affinée tel un rasoir de barbier, servait lors
              de la tuade à saigner la bête. Il était souvent conservé dans une boite, à part, un bouchon en liège
              planté à sa pointe pour la protéger, soigneusement graissé au saindoux....

              Venaient aussi la lourde planche à découper, la scie, les hachoirs, les entonnoirs, les poussoirs en
              buis et la moulinette.....
              Et puis le linge, en coton blanc, épais, orné d'un beau liseré rouge, des torchons, des chiffons, des
              tabliers, des manchettes, etc......

              Quelle belle époque,  combien de repas ordinaires et de banquets succulents furent préparés dans ces
              murs.....

              Les  gourmets,  qu'ils  viennent  de  Bauzet,  du  Fourest,  de  Parizot,  de  Chiffe,  de  Bastêt,  de  Saint-
              Laurent, du Parc, de Peyrieux, de la Valette, des Marais, voyaient leur estomac rassuré, lorsqu'ils
              pouvaient  enfin  distinguer,  dans  les  fumées  de  l'activité  grouillante  du  village,  le  passages  des
              charrettes, les jeux des enfants et le bruit du marteau du forgeron, l'enseigne de la boucherie, une
              belle enseigne de bois peinte, présentant les traits un peu étranges d'un bœuf et d'un chevreuil, mais
              qui étaient, pour tous, signe de sérieux et de qualité.....

              Cette enseigne est précieusement conservée par les descendants de la maison Mercier, et elle a été
              très gentiment et admirablement photographiée par Antoine Arnaud.

              La voici...                                                                                                                     Christian Chainas







































              Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°34                                                                                                                                Page 39
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