Page 723 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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ET UN PETIT MORCEAU DANS LE QUASI.......
A l'heure où la Boucherie - Charcuterie Tomas vient d'ouvrir ses portes à la clientèle marsannaise
ravie de l'installation d'un nouveau commerce, le précieux témoignage livré par M. Christian
Chainas nous rappelle que plusieurs bouchers se sont succédés dans le bourg depuis plus d'un
siècle, jusqu'à M. Bernard Tauleigne qui poursuit désormais son activité de manière ambulante.
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Deux noms sont encore dans les mémoires : Astier et Mercier. Installées à Marsanne à la fin du 19
siècle, ces familles sont originaires de Sauzet pour l'une, et de Cléon d'Andran pour l'autre.
Hippolyte Astier est déjà boucher à Marsanne en 1860 lorsqu'il épouse Marie Hortense Sibourg à
Sauzet. Leurs descendants, Hippolyte, puis Jérôme, poursuivront l'activité jusqu'après la seconde
guerre mondiale.
Oddon Mercier, né à Cléon d'Andran, s'installe à Marsanne un peu avant un premier mariage en
1888 avec Rose Borel, de Rochebaudin, puis un deuxième en 1889 avec une marsannaise, Emma
Marie Combe. Sans héritier pour lui succéder, il exercera son art jusqu'à son décès, le 15 mai 1922.
~ La boucherie Mercier ~
Dans l'immeuble Peloux, à côté de ce qui fut pendant des décennies le bureau des « P et T », des
années 1900 jusque dans les années 30 se trouvait la boucherie Mercier.
S'y vendait alors un peu de bœuf, du porc et de la charcuterie, essentiellement des jambons crus,
saucissons, caillettes, pâtés en croûtes l'hiver, des lapins, des volailles, des œufs....
La viande y était conservée dans une lourde armoire en bois de pin, emplie de glace industrielle,
achetée à un marchand de Montélimar qui la livrait tous les quinze jours. Cette glace était stockée au
fond de la cave dans des paniers remplis de paille, sous des draps et de lourdes couvertures de laine.
Les prix étaient à peu près les suivants :
- Pour la viande, de 50 à 80 centimes la livre (la viande la plus chère était celle de porc),
- Pour les volailles, de 1 franc le poulet à 6 francs pour une dinde (morte et plumée),
- Les gros œufs de poule à 60 centimes la douzaine,
- Le beurre à 60 centimes la livre....
Je n'ai malheureusement pas retrouvé le prix des pâtés et des préparations.
(Les salaires moyens étaient dans les années 1920 de 600 francs par mois pour un ouvrier à 1000
francs par mois pour un instituteur - 1 franc 1920 = 0,94 € 2014 (source INSEE)).
Le sel venait de Bretagne, le poivre était acheté par correspondance en Italie (nous avons retrouvé
des boîtes en bois qui avaient été scellées à cet effet).
Les charcuteries étaient préparées méticuleusement, salées avec attention, épicées, un peu de rhum
roux ou de bon vin y était ajoutés....
Le boudin cuisait à la chaudière l'hiver, sur le trottoir, devant le magasin, il faisait le bonheur des
gourmets qui venaient le déguster à la sortie de l'eau, sur une tranche de pain frais avec un bon
canon....
Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°34 Page 38

