Page 489 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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-.-�                                           TERRAS Léon faisait partie du 106eme régiment d'ortll/erie lourde et tomba
                   ;.            /'                           pour la Fronce le 3 juillet 1916 à 1'6ge de trente ans.  Décoré de Io médaille
              ('[' k·1t.1.JaJ- fd,;/.  Q a  ri"  , /e  <J-;L.�ua   militaire et de Io Croix de Guerre dont  voici Io citotion; « Canonnier très
                                                              brave  tué à Verdun le  3 juillet 1916 ou moment d'une  attaque ennemie en
              ' Â�tiUf ,;11 · -tu<.t- b.J''k"<'.f'  GJ,, .. ,  ne_   assurant l'exécution d'un  tir sous un  violent bombardement».
              IJr  � � <J�  'l'7 dA a;./, /;p,,; ri<·  "1�  t'ft '
                                                           Au nom de  Io municipalité et de Io population entière, j'adresse aux familles
                                                                                  léances
                                                           TERRAS et FUZAND nos sincères  condo  .
              <;  "'lt.,  Q4 /Yl:t-ÔJn0,·,Gfl!/7 -·
               .;i-.P.- / t:f;.<t  �l'�'Q" âm·-
               1?/  dr:e tZ1�tW'/�uy}�,�;,                 Adieu mon cher Léon, repo en poix dons Io  terre maternelle auprès de ton
               l'Jt _/a.w do  � ·i                         beau père qu i te chérissait tant; Lo vie serait une duperie si une existence
                                                           comme Io tienne n'av ait pas ou· delà d'elle sa récompense.
                                                           Adieu,  tu laisses une famille et des  amis profondément affligés,  mais fiers de
                                                           toi.
          Au  moment  ou se célèbre le lOOeme anniversaire du
          début de la  première guerre mondiale ce discours
          prononcé presque quatre ans après la fin du conflit,
          résume à lui seul  la  dimension du  drame vécu par nos
          aïeux.  Il me semble très important de le lire et le relire
          pour s'en imprégner


          Discours  de  monsieur Michel Moire le Marsanne Aux Funérailles des restes
          glorieux de notre cher Léon Terras ; Le 2 juin 1922.

        Dons une commune il est des heures ou l'on sent davantage Io collectivi té
          des esprits et des  e<zurs,  ou l'on  éprouve mieux que les douleurs des  uns
          sont les douleurs  de tous
        Nous sommes à l'une de  ces heures,  tous groupés autour du cercil de
          Terras  Léon, nous avons les mêmes sentiments de tristesse et de fierté; de
          tristesse, parce  que  nous pleurons  en lui l'espoir de Io famille,  l'espoir de Io
          commune et aussi l'espoir de Io patrie.

        Il  eOt continué parmi nous cette tradition de trovol/,  d'honnêteté,  de
          générosité,  de fraternité  qui est le plus bel  héritage que nous oient légué
          nos pères.
        Ce qu'il fOt ici nous le savons tous.  Cette foule qui se presse autour de  sa
          dépouille mortelle dit plus fortement que  ne le ferait le  plus beau des
          discours,  combien nous l'estimions,  combien nous l'aimions. Aussi c'est de
          tout notre être  que  nous associons  à Io douleur de son père, de sa mère
          dont il étoit le plus  oimé des soutiens, à la douleur de sa  veuve inconsolable
          qui perd le plus tendre des époux,  à la douleur de sa fill ette chérie qui l'o à
          peine connu mois à Io quelle il lègue le  plus impérissable des dons: Io
          Gloire
        Ce qu'i l était comme citoyen, il le fût comme soldat.  Toujours à son poste, prêt
          pour toutes  les besognes, il avait l'estime de ses chefs.  Comme tous les
          outres,  il subit les  mortelles heures d'attente, il demeura
        Impassible dons l'eau et dons  la boue aussi bien que sous les obus.  N'y avoir-il
          pas Io Fronce à sauver,  Io Fronce à venger.

        Cor Mesdames et Messieurs, les individus meurent,  Io Fronce  ne meurt pas.
          C'est pourquoi de ce fleuve de  sang qui inonda les col/Ines d'Alsace et des
          Vosges,  les 6pretés des  chemins de Verdun,  les rivières de  l'Aie et de  Io
          Somme et les fleuves de Belgique, doit sortir une sève féconde  de
          patriotisme et  d'union.  Rien ne cimente comme Je sang et les larmes.
        Or,  chez nous il y eu du sang et des l armes aussi nous avons cimenté un
          accor  une amitié que rien ne pourra  rompre pas  même  et surtout les
          intérêts particuliers.  Quand on  o souffert  ensemble, on s'aime ensemble,  on
          s'olde ensemble.  Lo  leçon fut terrible,  qu'elle nous soit profitable.
         Mesdames et Messieurs,  il est bon que là·bos ou bord du Rhin,  en face   de
          l'ennemi restent des  tourbes,  des cimetières.  Leurs croix de bois ont une
          éloquence.  Quand les  oiseaux de proie les découvriront,  ils ne s'abattront
          plus sur elles.  Elles portent toutes en lettres invisibles mais
          com p réhensibles : « ils ne passerons pos  ».




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