Page 451 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
P. 451
C'ETAIT HIER
C'est en parcourant cette rubrique dans les anciennes éditions de notre bulletin que l'idée m'est
venue de faire profiter les plus jeunes de l'immense travail réalisé il y a quelques années par
madame Marie-Louise Raymond.
Il me paraît opportun aujourd'hui de rappeler l'origine des noms des rues et places de notre
village alors qu'un nouveau système d'adressage est en cours de mise en place. Cet article a été
publié dans le bulletin N° 11 en 1990.
Au cours des siècles, depuis bientôt mille ans, des personnages authentiques ou légendaires ont
marqué notre histoire locale. Nous pouvons aujourd'hui lire leurs noms sur les plaques de nos
rues, de nos places, de nos lotissements...
Mais qui étaient-ils ? s'interrogent bon nombre d'entre nous, indépendamment de leur âge ou de
leur ancienneté de résidence.
Pour toute réponse, seule une rapide étude biographique m'a paru s'imposer. La voici, suivant
l'ordre chronologique de notre histoire (on pourra retrouver sur le plan ci-joint, la numérotation
correspondante).
1 - LE LEGAT (Place du...)
On dit qu'en 1095, le Pape Urbain II, se rendant au Concile de Clermont, nomma Adhémar de
Monteil, évêque du Puy, son légat pour la première croisade. Dans cette expédition, Adhémar
aurait emmené ses frères de Montélimar et plusieurs vassaux, dont un "Marsanne". Il mourut, dit-
on, devant Antioche et ses compagnons ramenèrent ses armes, sa croix et sa chapelle. C'est à
cette croix, soi-disant offerte aux vassaux méritants, que la légende attribue l'origine des armes de
Marsanne. Je dis bien, la légende, car aucun texte authentique connu à ce jour n'en porte la trace.
En 1854, dans une "note archéologique sur les armes de Marsanne", Monsieur Charles de
Montluisant, capitaine d'artillerie, avait mené son étude à partir d'une charte des Adhémar datée
de 1099. Or, il a été démontré depuis que cette charte est fausse, ce que confirme le regretté
Maître Valentin du Cheylard dans son "Nouveau Cartulaire de Montélimar", en 1979.
2 - LES POITIERS (Rue du Comte...)
Les Poitiers, comtes de Valentinois et de Diois, furent seigneurs de Marsanne du milieu du XIIe
siècle à 1419. Leur présence à Marsanne apparaît vers 1156, à l'occasion du mariage de Berthon
de Poitiers avec Véronique, fille de la Comtesse de Marsanne ; elle prend fin à la mort du dernier
de la lignée, Louis II de Poitiers, en 1419.
Ils furent des seigneurs libéraux, des administrateurs bienveillants. C'est à eux que l'on doit, en
1286, la première délimitation communale du territoire de Marsanne. On peut lire dans les
archives (Série E 6425-FF1) : "Raymond de Vernejean, juge d'Aimar de Poitiers et Guillaume
Bayle Châtelain de Crest, séparent en 1286, par des bornes en pierre, les mandements de Grâne
et de Marsanne, et l'acte est dressé près de la 'Pierre Sanglante'."..."Ces bornes, lors de la
vérification des limites en 1605, sont mentionnées porteuses d'une "double-croix", que le vulgaire
appelle "eschagnie" et qui est la "marque de la communauté". (Arch. Série E 6433 - FF9).
Je me suis longuement interrogée à propos de ce terme jusqu'au jour où, le considérant
phonétiquement et comparativement à nos vieilles prononciations patoises, je l'ai prononcé "ès
chégné", ce qui voudrait dire "c'est le signe"...le signe de la communauté, bien entendu.

