Page 691 - Tous les bulletins de l'association des" Amis du Vieux Marsanne"
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Dès le départ, le général se charge de la conception du monument dont il trace de nombreux plans
              cotés et croquis. Il s'agira d'une structure classique et sobre, alliant deux plaques de pierre, gravées
              chacune de 22 noms, qui encadrent un décor de bronze. Les esquisses montrent aussi bien l'ensemble
              en place que les détails des pierres à tailler, sans oublier le plan de montage. Une petite maquette de
              plâtre en relief viendra donner une idée des proportions.

              Les  plans  définitifs  sont  réalisés  par  M.  Raspail  en  juin  1922  et  soumis  à  l'approbation  de  la
              municipalité qui désigne le général comme architecte bénévole lors d'une séance extraordinaire du
              Conseil le 8 juillet 1922.

              Sur cette base, le général charge son petit-cousin et sculpteur, Marie Jules Jean Frédéric de la Poix
              de Fréminville-Nugue, élève d'Antoine Bourdelle, d'exécuter une allégorie de bronze pour la partie
              centrale.  Le  jeune  homme  d'une  trentaine  d'années  se  lance  avec  grand  intérêt  dans  l'aventure,
              toujours pilotée à distance depuis Marsanne !
              L'idée première est une représentation de la France reconnaissante entre les deux colonnes de noms
              gravés. La réalisation donne lieu à de nombreux échanges de courrier dans le courant de 1922 et à
              des modifications importantes du dessin. D'abord tournée vers la droite et brandissant une couronne
              de laurier, la figure hiératique sera finalement tournée vers la gauche, la main droite pointant vers le
              fronton du monument sous l'inscription "Marsanne à ses enfants morts pour la France".
              Le motif définitif établi, un moulage de plâtre de l'allégorie est coulé à taille réelle en janvier 1923.
              Pièce  fragile  destinée  au  fondeur,  tout  déplacement  vers  Marsanne  est  exclu,  alors  Frédéric  fait
              prendre un cliché par un photographe de Mâcon, M Brailowsky.
              Le général a laissé toute liberté à Frédéric pour le choix de l'entreprise. Il se décide pour un fondeur
              de  Villeurbanne,  MLBE  (Manufacture  Lyonnaise  de  Bronzes  d'Eclairage),  qui  a  produit  de
              nombreux monuments après la guerre. Commande est passée en septembre de 1923 pour une plaque
              de bronze de 160 x 70 cm, d'un coût de 1 900 fr, et 1 000 fr d'arrhes aussitôt versés suivant le reçu
              produit par le trésorier du Comité, Me Albert Gougne, le notaire de Marsanne qui gère les diverses
              transactions.

              D'après les divers courriers conservés, on sait que Charles Favier, de la société MLBE, a réalisé la
              fonte de l'allégorie en bronze qui a été livrée sur une barge de  Lyon à Tain-l'Hermitage par voie
              d'eau,  puis acheminée jusqu'à Marsanne.

              Le  travail  de  la  pierre  est  confié  courant  1923  à  un  maître  carrier  de  Dieulefit,  Joseph  Roux,
              dirigeant  des  "Carrières  des  Champs  Blancs".  D'après  une  convention  avec  la  Commune  de
              Marsanne dont le texte est "soufflé" par le général dans une note, l'entreprise s'engage à livrer dès
              octobre 17 pierres destinées à la façade du monument selon les instructions fournies par l"architecte
              bénévole" dans un premier courrier.

              Taille,  disposition  et  plan  de  montage  des  pierres  sont  méticuleusement  détaillés,  y  compris
              l'épaisseur des lettres de l'inscription au fronton (1,5 cm), ou la profondeur de taille de celles des
              noms.  En  fait,  la  livraison  s'étalera  entre  octobre  et  la  fin  novembre  où  trois  charrettes  seront
              envoyées à Dieulefit pour récupérer les dernières pierres taillées.
              A l'origine, une sculpture "de l'écusson et des armoiries" de Marsanne doit figurer sur le fronton.
              D'après un courrier du général d'août 1923, ces motifs devaient être réalisés sur place. Ils ont bien été
              gravés,  comme  en  témoigne  une  carte  postale  de  l'époque,  mais  ont  disparu  aujourd'hui.  Autre
              décoration prévue, deux flambeaux enlacés de feuillage de chêne, posés sur les deux pieds-droits.
              Leur sculpture revient à Frédéric.

              Dernier  élément de décoration après montage, deux vases posés de part et d'autre du  fronton qui
              devaient être en poterie vernissée de Dieulefit. Ils seront finalement en fonte, "peints totalement en
              minium et argentés extérieurement au verni d'aluminium".




              Les Amis du Vieux Marsanne. Bulletin n°34                                                                                                                                Page 6
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